Vous retournez l’idée de voyager en Russie maintenant dans votre tête et vous n’arrivez pas à savoir si c’est une bonne idée, si c’est sûr, ou même si c’est encore possible avec la guerre en Ukraine en toile de fond ? Je vous comprends parfaitement. La réponse courte est : oui, c’est possible, et oui, pour un touriste, c’est sûr. La longue, c’est ce guide, où je vous raconte tout ce que vous devez savoir pour préparer votre voyage avec sérénité et discernement.
Cela fait des années que je voyage en Russie et j’y ai de la famille et des amis qui y vivent. J’écris donc ce que je vois et ce qu’eux me racontent depuis le terrain, pas ce qu’on lit dans les gros titres. La vie à Moscou, Saint-Pétersbourg, Kazan, Sotchi ou Vladivostok suit son cours : les gens vont au travail, les cafés sont pleins, le métro fonctionne comme une horloge et les touristes (russes et étrangers) parcourent les musées. Ce qui a changé, c’est la logistique : comment on prend l’avion, comment on paie, comment on accède à Internet et quels papiers il vous faut. Cette partie-là, oui, il faut la mettre à jour, et je vous explique tout pas à pas.
Si vous vivez en France, en Belgique, en Suisse ou dans n’importe quel pays francophone, ce guide est pensé pour vous. Spoiler : si vous avez un passeport français, belge, suisse, luxembourgeois ou de n’importe quel pays de l’Union européenne, vous pouvez demander le visa électronique sans problème. Si vous êtes citoyen d’un pays africain francophone, vérifiez d’abord si votre pays figure dans la liste de l’eVisa ou s’il existe un accord d’exemption de visa. Je détaille tout ça plus bas.
Et vous n’aurez pas à me croire sur parole : depuis juillet je publie les chroniques des lecteurs qui rentrent de Russie, et il y en a déjà trente. Je les cite tout au long de ce guide, parce que ce qu’ils racontent sur les frontières, l’argent et le téléphone vaut plus que n’importe quelle théorie.
1. Peut-on voyager en Russie maintenant ?
Oui, on peut voyager en Russie maintenant en toute normalité, malgré la guerre et les sanctions internationales. Les consulats délivrent les visas sans problème (aussi bien le visa électronique que le visa traditionnel), les frontières touristiques sont ouvertes et la vie quotidienne dans les grandes villes fonctionne comme avant : hôtels ouverts, restaurants pleins, musées au ralenti uniquement à cause de la quantité de monde, transports publics impeccables et marchés bondés.
Cela dit, le tableau n’est pas exactement celui de 2019. Ce qui a changé tient en quatre points :
- Moins de touristes occidentaux, donc vous entendrez moins de français ou d’anglais dans les lieux emblématiques. Le ressenti est plutôt agréable : les files d’attente sont plus courtes et les Russes sont sincèrement contents de voir un voyageur étranger.
- Il n’y a plus de vols directs depuis l’Europe ni depuis l’Amérique : il faut faire escale à Istanbul, Belgrade, Erevan, Dubaï ou dans d’autres hubs.
- Les cartes Visa, Mastercard ou American Express étrangères ne fonctionnent pas en Russie. Il faut emporter du liquide ou se procurer une carte MIR russe.
- Plusieurs applis et sites occidentaux sont bloqués (Facebook, Instagram, YouTube, X). WhatsApp est bloqué depuis février 2026 et Telegram fonctionne par à-coups depuis la même semaine, donc il vous faudra un VPN installé avant d’entrer.
Malgré tout ça, beaucoup de gens continuent à voyager : voyageurs avec de la famille ou des amis en Russie, curieux du Transsibérien, amoureux du ballet et de l’opéra, routards, pèlerins, voyageurs d’affaires et, de plus en plus, des touristes qui veulent simplement voir Moscou et Saint-Pétersbourg sans les foules d’avant. En 2026, on remarque une nette reprise de voyageurs occidentaux dans les grandes villes : rien que ces deux derniers mois, j’ai publié trente chroniques de lecteurs qui venaient d’en revenir, et je vous les résume au point 3.
2. Est-ce sûr de voyager en Russie ou est-ce dangereux ?
C’est la question qui revient le plus souvent dans mes mails, alors je vais droit au but : pour un touriste qui voyage pour le tourisme et qui se tient à l’écart des régions frontalières avec l’Ukraine, le risque est très faible. La vie à Moscou, Saint-Pétersbourg, Kazan, Sotchi, Iekaterinbourg, Vladivostok ou dans n’importe laquelle des villes du parcours touristique classique se déroule en toute normalité.
Oui, le conflit en Ukraine est toujours actif et il y a des régions frontalières comme Koursk, Belgorod, Briansk ou Rostov qui ont subi des attaques avec une certaine régularité. À Moscou aussi, il y a eu des incidents ponctuels avec des drones, mais ce sont des faits sporadiques qui n’affectent pas le quotidien de la ville. Mes amis qui y vivent continuent leur routine normale : travail, école, métro, restaurants, sorties de week-end. Si un aéroport ferme quelques heures à cause d’un incident, vous le vivez comme une info de plus, pas comme quelque chose qui vous touche dans votre propre rue.
C’est vrai que beaucoup de ministères des Affaires étrangères déconseillent de voyager en Russie. Dans la pratique, cette recommandation se comprend mieux comme une posture politique et de protection consulaire (les ambassades occidentales ont moins de personnel et de capacité d’aide) que comme une alerte fondée sur des risques réels pour les touristes. Il vaut la peine de la lire, de souscrire une bonne assurance et de voyager avec discernement, mais pas d’en faire un veto. Je développe le sujet avec des données dans l’article sur la Russie est-elle un pays sûr pour voyager.
L’idée que je veux que vous reteniez est celle-ci : la Russie, pour le touriste, est un pays tranquille. Les rues de Moscou ou de Saint-Pétersbourg sont plus sûres que celles de beaucoup de capitales européennes, les Russes sont chaleureux dès qu’on brise la glace, et la sensation générale dans n’importe quelle ville touristique est celle d’un endroit normal, avec ses routines et ses gens.
2.1 Le sujet des « arrestations arbitraires »
Vous avez sûrement vu dans la presse des nouvelles concernant des étrangers détenus en Russie pour soi-disant espionnage ou critiques envers l’armée. L’immense majorité de ces cas concerne des personnes au profil sensible : journalistes, activistes, doubles nationaux russes vivant à l’étranger, gens ayant des liens professionnels avec des services de renseignement ou avec des publications publiques très marquées contre le Kremlin. Pour un touriste qui entre avec un visa en règle, un billet de retour, une réservation d’hôtel et un profil clairement touristique, ce n’est pas la norme.
Il y a quand même quelques précautions raisonnables à prendre, les mêmes que prendrait toute personne prudente dans un pays aux tensions politiques :
- Tenez-vous à l’écart des manifestations, protestations ou rassemblements politiques, même s’ils paraissent pacifiques.
- Ne publiez pas sur les réseaux sociaux du contenu critique envers l’armée russe ou la guerre pendant que vous êtes là-bas. La loi russe le sanctionne, même pour les étrangers.
- Si on vous pose des questions sur la guerre, répondez avec courtoisie et sans entrer dans le débat. La majorité des Russes préfère ne pas en parler avec des inconnus.
- Vérifiez vos abonnements Telegram avant de partir : il y a des chaînes d’opposition russe ou de médias indépendants qualifiés d’« extrémistes » en Russie, et même si ça paraît bizarre, peu importe que vous les ayez suivis par simple curiosité informative.
2.2 Vont-ils contrôler votre téléphone à la frontière ?
Depuis juillet 2025, la garde-frontière russe peut examiner les appareils électroniques au passage de la frontière (entrée et sortie), mais dans la pratique, les contrôles sont très sélectifs. Pour un touriste européen qui voyage avec un visa en règle, un billet de retour et une réservation d’hôtel, le contrôle du téléphone est l’exception, pas la règle. Si le détail légal et le profil des personnes habituellement contrôlées vous intéressent, je l’explique dans l’article sur le contrôle du téléphone à l’entrée en Russie.
Dans les chroniques que je reçois, le contrôle approfondi apparaît surtout aux passages terrestres et chez ceux qui arrivent avec un long visa : Franck a passé cinq heures au poste-frontière avec son visa de trois mois, un ordinateur et un téléphone. Ceux qui arrivent en avion pour deux semaines n’en parlent quasiment jamais.
3. Qui voyage en Russie maintenant ? 30 lecteurs qui en reviennent
La meilleure preuve qu’on peut voyager en Russie, ce n’est pas ce que je vous raconte. Depuis juillet je publie les chroniques des lecteurs qui reviennent du pays, telles qu’ils me les envoient, et il y en a déjà trente. Ce sont des voyages faits entre février 2025 et septembre 2026, par des gens de France, de Belgique, d’Italie, d’Espagne, de Suède, de Lituanie, du Canada, de Singapour ou d’Équateur.
Aucun ne raconte un problème de sécurité à l’intérieur du pays. Tous les frottements qu’ils décrivent tiennent en trois points : la frontière, l’argent et le téléphone. Exactement ce dont parle ce guide. Voici dix des dernières :
| Qui et quand | Comment il est entré | Ce que vous apprenez de son voyage |
|---|---|---|
| Philippe, juin 2026 | Avion via Istanbul, visa classique | Trois semaines de Transsibérien jusqu’à Vladivostok, avec le retour de sept jours d’affilée dans le train. La banque lui a refusé la moitié de ses euros à cause de l’état des billets. |
| Lara (Montpellier), août 2026 | eVisa obtenu en quatre jours, en avion | Deux semaines entre Moscou et Saint-Pétersbourg, racontées jour par jour, avec les prix réels : la stolovaya du GOUM à 5 € le repas. |
| Dimitri (Paris), août 2026 | eVisa, en avion | Six villes du golfe de Finlande au Caucase : une banque qui lui refuse la moitié de ses billets, un VPN acheté sur place qui n’a servi à rien et un vol annulé. |
| Un lecteur de la Drôme, été 2026 | eVisa, à pied par Narva | Un mois entier en platzkart, de Narva à l’Altaï en passant par Perm, Barnaoul, Iékaterinbourg, Moscou et Pskov. Son cinquième voyage en deux ans. |
| Nicolas & Lara (Paris), août 2026 | eVisa en quatre jours, avion depuis Tbilissi | 24 jours de Saint-Pétersbourg à l’île d’Olkhon, avec trois nuits d’affilée dans le Transsibérien, au milieu d’un tour du monde. |
| Benjamin (Marseille), juillet 2026 | En avion, puis vol intérieur vers Kemerovo | Un mois dans un village de Sibérie sans eau courante : comment trouver un vol intérieur et se débrouiller loin des circuits touristiques. |
| Sarah, février 2025 | eVisa en quatre jours, en avion | Deux semaines seule à Saint-Pétersbourg, tout préparé depuis chez elle : logement payé en ligne, eSIM activée à l’atterrissage et du liquide pour quinze jours. |
| Eric (région parisienne), mars 2026 | En avion, trois vols à la suite | Deux semaines à Krasnoïarsk par –20 °C, avec une valise perdue à Istanbul et deux heures de contrôle à l’immigration de Moscou. |
| Franck (Angers), juillet 2025 | Visa touristique classique de trois mois, par voie terrestre | Cinq heures au poste-frontière côté russe : ce qui se passe quand vous arrivez avec un long visa, un ordinateur et l’intention de rester. |
| Guy (Rivesaltes), mars 2026 | Transsibérien, sept jours d’une traite | Moscou-Vladivostok sans descendre du train. Il a découvert une semaine avant le départ que son eVisa ne valait pas pour passer par la Biélorussie. |
| Patrick (Belgique), 2026 | Titre de séjour russe, Kaliningrad et Moscou | Argent liquide, VPN et carte Mir : combien d’espèces passent vraiment la frontière et pourquoi un billet impeccable est refusé à un guichet et accepté au suivant. |
Lues à la suite, quatre choses reviennent presque à chaque fois :
- Le passage difficile, c’est la frontière, pas le pays. En avion, le contrôle prend en général peu de temps, même si Eric a fait deux heures à Moscou ; par voie terrestre, on parle de cinq heures de file à Narva et de cinq heures au poste-frontière pour Franck. Si vous pouvez choisir, prenez l’avion.
- L’argent se règle, mais ça se prépare depuis chez soi. Des billets impeccables (les coupures abîmées vous reviennent : ça arrive à Philippe, à Dimitri et à Patrick) et, si possible, une carte russe. Avec du liquide seulement, ça passe aussi, mais il faut compter quelques allers-retours en agence.
- La connexion est ce qu’il y a de plus irrégulier. La même eSIM marche pour l’un et pas pour l’autre, et un VPN acheté sur place ne sert souvent à rien : prévoyez une alternative et installez le VPN avant d’entrer.
- La sensation sur place est toujours la même : propreté, ordre, transports impeccables et des gens contents de voir un étranger. Plusieurs répètent s’être sentis plus en sécurité que dans leur propre ville.
Vous les trouvez toutes dans la section des expériences d’autres voyageurs, et je les cite dans les paragraphes où elles servent vraiment. Si vous y êtes déjà allé, racontez-le-moi : vous pouvez m’envoyer votre chronique ici. Je la publie avec vos mots et vos photos.
4. Visa : eVisa, traditionnel ou sans visa
La première chose à clarifier, c’est si vous avez besoin d’un visa et, le cas échéant, quelle modalité vous convient. Si vous voulez une vue d’ensemble avant d’entrer dans le détail, je vous laisse ce guide rapide pour savoir si vous avez besoin d’un visa pour voyager en Russie. Ici, je résume selon votre nationalité et votre plan de voyage.
4.1 Visa électronique (eVisa) : l’option rapide et économique
Le visa électronique russe est l’option la plus pratique pour la plupart des voyageurs. Il permet des séjours allant jusqu’à 30 jours, avec une seule entrée, et il se fait par Internet sans mettre les pieds au consulat. Il est disponible pour plus de 50 pays, dont toute l’Union européenne et beaucoup de pays asiatiques.
- Comment le demander : sur le site officiel des visas électroniques russes, en remplissant un formulaire en ligne et en téléchargeant votre passeport et votre photo.
- Prix approximatif : environ 52 USD (légère variation selon le pays de demande).
- Délai : la réponse arrive en 4 jours ouvrés environ.
- Validité : une fois approuvé, vous avez 120 jours pour entrer en Russie, et à partir du moment de l’entrée, jusqu’à 30 jours de séjour.
- Assurance voyage obligatoire : il faut prouver que vous avez une police avec couverture en Russie. Je vous explique plus bas comment l’obtenir.
L’eVisa couvre 95 % des plans touristiques classiques : deux semaines entre Moscou et Saint-Pétersbourg, un voyage rapide pour découvrir l’Ermitage ou le Kremlin, une escapade à Sotchi ou à Kazan. Si vous voulez planifier votre demande et éviter les erreurs courantes, jetez un œil au guide sur les erreurs les plus fréquentes lors de la demande d’eVisa et à la FAQ sur l’eVisa.
Limitations à connaître : l’eVisa ne sert pas pour entrer par la frontière de Storskog (Norvège-Russie), ne permet pas d’utiliser l’accord de visa unique Russie-Biélorussie, et n’est pas acceptée à tous les passages terrestres. Si vous voulez entrer par voie routière depuis l’Estonie, la Lettonie, la Géorgie ou Kaliningrad, la plupart des passages touristiques l’acceptent, mais il vaut mieux vérifier dans la liste officielle avant d’acheter votre billet.
Si vous préférez ne pas affronter le formulaire vous-même et déléguer la démarche à quelqu’un qui le fait tous les jours, vous pouvez passer par un service spécialisé d’assistance pour l’eVisa qui se charge de tout vérifier et de vous envoyer le résultat.
4.2 Visa traditionnel (consulat ou centre de visas)
Vous aurez besoin du visa traditionnel à l’ancienne si :
- Votre séjour va dépasser les 30 jours.
- Vous avez besoin de plusieurs entrées (par exemple, un voyage combiné Russie-Biélorussie-Russie).
- Vous êtes ressortissant d’un pays qui ne figure pas dans la liste de l’eVisa (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Australie et quelques autres).
- Vous allez entrer par Storskog (Norvège) ou par un passage terrestre qui n’accepte que le visa consulaire.
Le visa traditionnel se demande au centre de visas russe de votre pays ou au consulat. Il vous faut un passeport en cours de validité, deux photos, le formulaire consulaire rempli, une assurance médicale de voyage avec couverture en Russie et une lettre d’invitation. La lettre d’invitation s’obtient en ligne en quelques minutes et vous n’avez pas besoin d’un véritable hôte sur place : elle est émise par des agences accréditées par le gouvernement russe.
Je vous laisse la liste complète des ambassades, consulats et centres de visas russes dans le monde.
4.3 Sans visa : qui peut entrer en Russie sans visa
Bonne nouvelle pour les voyageurs de certaines nationalités : plusieurs pays ont signé un accord d’exemption de visa avec la Russie et leurs citoyens peuvent entrer sans visa pour le tourisme jusqu’à 90 jours sur une période de 180. C’est notamment le cas de pays d’Amérique latine comme l’Argentine, le Chili, la Colombie, Cuba, l’Équateur, le Pérou ou le Venezuela. Dans le cas des pays francophones, en revanche, la France, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg n’ont pas d’accord d’exemption : pour les voyageurs européens, le bon plan reste l’eVisa.
Que vous n’ayez pas besoin de visa ne veut pas dire que vous arrivez sans aucune formalité : depuis juin 2025, tous les voyageurs qui entrent en Russie sans visa doivent s’enregistrer au préalable sur l’application officielle RuID, télécharger leurs données personnelles, une photo en temps réel et autoriser l’entrée au moins 72 heures avant le voyage. L’autorisation est gratuite et se fait depuis le mobile, mais il faut la faire correctement. Ce système est encore en phase expérimentale. Je vous raconte ça pas à pas dans le guide sur l’autorisation électronique de voyage en Russie et l’application RuID.
Et même si vous n’avez pas besoin de visa, il vous faut bien une assurance médicale de voyage pour toute éventualité. Le système de santé russe pour les étrangers sans assurance peut coûter cher.
4.4 Visa unique Russie-Biélorussie
Depuis janvier 2025, la Russie et la Biélorussie ont signé un accord de reconnaissance mutuelle des visas : avec un visa russe traditionnel (pas l’eVisa), vous pouvez aussi entrer en Biélorussie, et inversement. Cela ouvre des itinéraires combinés très intéressants : par exemple, voler à Moscou, prendre le train pour Minsk, revenir à Moscou et repartir en avion. Les trains réguliers et les passages frontaliers terrestres sont opérationnels.
Attention à une confusion très fréquente : entrer en Biélorussie sans visa ne vous permet pas de continuer vers la Russie, et l’eVisa russe ne vaut pas non plus pour ce trajet. Guy l’a découvert une semaine avant son départ et a dû refaire tout son itinéraire.
5. Comment se rendre en Russie : vols et frontières terrestres
Avant de penser au visa, il vaut mieux avoir clair la logistique d’entrée dans le pays. Il y a trois voies principales : avion avec escale, frontière terrestre et, autrefois, croisières (qui n’opèrent plus aujourd’hui). Vous avez une vue d’ensemble dans le guide sur les frontières de la Russie, mais je vous résume ici l’essentiel.
5.1 Voler vers la Russie : les hubs avec escale
Depuis 2022, les compagnies européennes et russes ont l’interdiction de traverser l’espace aérien de l’autre. Cela signifie que depuis la France, la Belgique, la Suisse ou n’importe quel pays européen ou américain, il n’y a pas de vols directs vers la Russie : il faut faire escale dans un pays qui maintient des liaisons aériennes avec Moscou. Les hubs les plus utilisés sont :
- Istanbul (Turquie) : le hub le plus pratique depuis la France. Turkish Airlines et Pegasus relient Moscou (Sheremetievo, Vnoukovo, Domodedovo), Saint-Pétersbourg (Pulkovo) et d’autres villes russes. Depuis Paris, Lyon ou Marseille, il est souvent plus avantageux de combiner un vol pas cher vers Istanbul avec un vol Istanbul-Moscou.
- Belgrade (Serbie) : Air Serbia maintient des vols directs vers Moscou plusieurs fois par semaine.
- Erevan (Arménie) : hub très utilisé par Aeroflot et FlyOne, avec de nombreuses fréquences quotidiennes vers Moscou et Saint-Pétersbourg.
- Dubaï ou Abou Dhabi (Émirats arabes unis) : Emirates, Etihad et flydubai opèrent des liaisons régulières.
- Doha (Qatar), Bakou (Azerbaïdjan), Tachkent (Ouzbékistan) : alternatives avec moins de fréquences mais parfois à bon prix.
Les aéroports russes ouverts aux vols internationaux sont Moscou-Sheremetievo (SVO), Moscou-Vnoukovo (VKO), Moscou-Domodedovo (DME), Saint-Pétersbourg-Pulkovo (LED), Sotchi (AER), Kazan (KZN) et quelques autres dans des régions touristiques.
Le problème avec les vols, ce n’est pas de les trouver, c’est de les payer : beaucoup de comparateurs occidentaux ont retiré les liaisons vers la Russie, et les sites officiels des compagnies russes n’acceptent pas les cartes étrangères. Le plus pratique est de réserver votre vol vers la Russie avec une carte étrangère via des intermédiaires qui acceptent bien les Visa ou Mastercard étrangères. Si vous voulez aller plus loin et trouver le meilleur prix en comparant les combinaisons, je vous laisse le guide complet sur comment acheter des vols pour la Russie.
5.2 Passer par voie terrestre : les frontières ouvertes
Passer en Russie par voie terrestre est une option de plus en plus utilisée par les voyageurs européens qui veulent économiser sur le vol ou qui font déjà un parcours par le nord. Voici les passages terrestres opérationnels en 2026 :
- Estonie : trois passages ouverts (Narva, Koidula et Luhamaa), l’itinéraire le plus utilisé pour rejoindre Saint-Pétersbourg. Narva est fermée à la circulation depuis février 2024 (seuls les piétons traversent) ; Koidula et Luhamaa acceptent les véhicules. Depuis le 15 juin 2026, les trois n’ouvrent plus que de 7h à 19h, donc la vieille tactique du passage en fin d’après-midi ne marche plus et, en été, les files à Narva peuvent dépasser 24 heures. Tous les détails dans le guide de la frontière Estonie-Russie.
- Lettonie : principalement empruntée par des bus directs Riga-Saint-Pétersbourg, l’une des options les plus économiques pour entrer, avec aussi le bus Riga-Moscou.
- Lituanie et Pologne (vers Kaliningrad) : l’enclave russe de Kaliningrad se traverse par voie terrestre, et depuis son aéroport il y a des vols quotidiens vers Moscou et Saint-Pétersbourg. C’est une porte d’entrée utilisée par les voyageurs au budget serré.
- Norvège (Storskog) : seul passage Schengen-Russie en Scandinavie. Il faut un visa consulaire papier : l’eVisa N’Y fonctionne PAS. Utile pour rejoindre Mourmansk et l’Arctique russe.
- Géorgie (Upper Lars) : la frontière avec le Caucase. Elle est ouverte, mais imprévisible (peut fermer en hiver à cause de la neige), donc il vaut mieux vérifier près de la date du voyage.
- Finlande : fermée indéfiniment depuis décembre 2023. Si vous êtes à Helsinki et que vous voulez passer, le plus pratique est un vol ou un bus pas cher pour Tallinn et entrer par l’Estonie.
- Biélorussie : c’est aussi une option désormais pour les étrangers grâce au visa unique Russie-Biélorussie signé en janvier 2025.
Les files d’attente à la frontière dépendent beaucoup du passage, de la saison et de l’heure. Les sites officiels mettent du temps à actualiser ; ce qui marche le mieux en temps réel, ce sont les groupes Telegram de voyageurs qui traversent au quotidien. Là, des gens dans la file partagent leur temps d’attente.
Pour vous donner une idée de ce que vous pouvez trouver, voici ce qu’ont vécu mes lecteurs : cinq heures de file à pied à Narva en septembre 2025, cinq heures au poste-frontière avec un visa long, et plus de cinq heures à la douane de Kaliningrad en arrivant en bus depuis la Pologne. Personne ne regrette le voyage, mais tous disent la même chose : partez avec de la marge, de l’eau, de quoi manger et le téléphone chargé.
Si vous allez entrer avec votre propre véhicule (voiture, moto ou camping-car), ces articles vous intéressent : le visa pour entrer avec un véhicule et le guide sur voyager en Russie en camping-car ou caravane. Avant de partir, regardez aussi où en est la pénurie d’essence, qui a posé des problèmes dans certaines régions en 2026. Et si vous voulez voir que c’est faisable, Miki est arrivé en voiture de Girona jusqu’à Sarapoul en plein hiver.
5.3 Croisières et ferries : actuellement à l’arrêt
Avant, il y avait une option très avantageuse : visiter Saint-Pétersbourg en croisière sans visa pendant 72 heures si vous participiez à une excursion organisée. Les grandes compagnies de croisière de la Baltique n’incluent plus Saint-Pétersbourg dans leurs itinéraires et les ferries internationaux ont cessé.
6. Que se passe-t-il à l’arrivée en Russie : aéroport, douanes et enregistrement
Quand vous descendrez de l’avion, plusieurs formalités plus ou moins routinières vous attendent. Je vous les résume dans l’ordre pour que vous soyez tranquille, et je vous laisse le détail complet dans le guide sur l’arrivée à l’aéroport en Russie et les démarches étape par étape.
6.1 Contrôle des passeports et carte migratoire
Après le contrôle des passeports, on vous remettra ou on vous imprimera la carte migratoire. C’est un petit papier (de plus en plus en format numérique) avec vos données, les dates d’entrée et de sortie et le motif du voyage. Ne la perdez pas : on peut vous la demander au check-in à l’hôtel, lors de l’enregistrement comme étranger et à la sortie du pays. Si vous la perdez, il faudra demander un duplicata au bureau migratoire.
Le contrôle des passeports en lui-même est routinier. On vous posera probablement quelques questions de base (motif du voyage, où vous logez, combien de jours vous restez). Répondez calmement et brièvement. On refuse rarement l’entrée à quelqu’un qui a un visa valide.
6.2 Contrôle biométrique et profil numérique
Depuis décembre 2024, la Russie met en place un profil numérique obligatoire pour les étrangers qui combine données personnelles, photographie faciale et empreintes digitales. L’idée est de moderniser et de centraliser le contrôle migratoire. En pratique, cela se traduit par :
- Si vous entrez par les aéroports de Moscou (Sheremetievo, Domodedovo, Vnoukovo, Joukovski) ou par le passage terrestre de Machtakovo (avec le Kazakhstan), on vous prendra votre photo et vos empreintes à la frontière.
- Si vous venez d’un pays sans visa, vous devez vous enregistrer au préalable sur l’app RuID et votre profil numérique se crée avant le voyage.
- Si vous venez avec un eVisa ou un visa consulaire papier, vous n’avez pas besoin d’enregistrement préalable (vos données ont déjà été envoyées lors de la demande de visa), mais on peut quand même vous reprendre les empreintes et la photo à l’arrivée.
Que ce nom ne vous effraie pas : c’est quelque chose de similaire à l’EES européen ou à l’US-VISIT américain, qui sont en place depuis des années. Cela prend deux minutes de plus à la frontière et, une fois enregistré, accélère les futures entrées.
6.3 Douanes : liquide et contenu du bagage
Le détail clé en douane, c’est le liquide. Vous pouvez entrer en Russie avec jusqu’à 10 000 dollars américains (ou l’équivalent dans une autre monnaie) par personne sans les déclarer. Si vous en transportez plus, il faut déclarer la somme à la douane à l’entrée.
Attention si vous passez par l’Estonie : le problème alors n’est pas la douane russe mais la sortie de l’UE. L’Estonie confisque les billets en euros en n’importe quelle quantité (et aussi les couronnes suédoises, danoises, les zlotys polonais, les forints hongrois, les leus roumains, les levas bulgares et les couronnes tchèques). Le dollar américain est autorisé à toutes les frontières, donc si vous allez transporter pas mal de liquide et entrer par voie terrestre, il vaut mieux le changer en roubles ou en dollars avant, ou entrer en avion ou par Kaliningrad. J’en parle ici : douanes en Russie, ce que vous pouvez apporter et ce que vous ne pouvez pas.
6.4 Enregistrement d’étranger à l’arrivée au logement
L’enregistrement des étrangers est obligatoire si vous restez plus de 7 jours dans une même région. Dans les hôtels et auberges, c’est fait automatiquement au check-in : on vous demande le passeport et la carte migratoire, on vous remet un cachet ou un papier et c’est bon. Dans les appartements privés, le propriétaire doit s’occuper de la démarche (certains ne savent pas ou ne veulent pas ; je vous raconte ici quoi faire si votre hébergement ne vous enregistre pas).
7. Assurance médicale de voyage : exigence obligatoire
Pour n’importe quel visa russe, qu’il s’agisse de l’eVisa ou du traditionnel, il faut prouver que vous avez une assurance médicale avec couverture en Russie. C’est l’un des points où il y a le plus de confusion, alors je clarifie une bonne fois pour toutes :
- Les assurances occidentales (Allianz, AXA, AVI, Mondial Assistance…) ne couvrent plus la Russie, même si elles proposent une couverture « mondiale ». Les sanctions économiques les en empêchent, qu’elles le précisent ou non en petits caractères. S’il vous arrive quelque chose en Russie avec l’une de ces assurances, votre compagnie ne pourra pas payer l’hôpital russe ni vous rembourser.
- La solution, ce sont les compagnies d’assurance russes : certaines sont adaptées à la situation et acceptent les paiements par Visa, Mastercard ou American Express étrangères. Elles répondent aux exigences consulaires, vous délivrent la police au format PDF en quelques minutes et sont valables tant pour l’eVisa que pour le visa traditionnel.
Je vous explique comment fonctionne la souscription et quelle couverture minimale exige le consulat sur la page sur l’assurance médicale de voyage en Russie. Si vous voulez comparer les options (annuelle vs. à la journée, sports à risque, différentes compagnies), il y a des articles spécifiques sur les meilleures assurances voyage pour la Russie et savoir s’il vaut mieux souscrire une assurance annuelle ou à la journée.
Et même si vous voyagez sans visa, il vous faut aussi une assurance. La santé publique russe pour les étrangers est payante, et un imprévu sans couverture peut coûter très cher. La réglementation exige une assurance médicale pour certaines nationalités, mais je vous recommande de la souscrire dans tous les cas.
8. Lettre d’invitation : uniquement pour le visa traditionnel
Pour le visa traditionnel, il vous faut une lettre d’invitation. C’est un document (de plus en plus au format électronique) émis par une agence russe accréditée par le ministère russe des Affaires étrangères, où figurent votre nom, les dates et le motif du voyage.
Vous n’avez pas besoin d’un véritable hôte en Russie ni que quelqu’un vous invite en particulier : les agences accréditées la génèrent en ligne en quelques heures, vous l’envoient en PDF et vous la présentez au consulat avec le reste des documents. Je vous explique le processus, les prix et les recommandations sur la page sur la lettre d’invitation pour la Russie.
Attention : l’eVisa ne nécessite pas de lettre d’invitation. Elle n’est nécessaire que pour le visa traditionnel. Si vous partez avec l’eVisa, votre assurance et votre passeport suffisent.
9. Argent, paiements et cartes : comment ça marche en pratique
C’est le bloc qui va le plus vous empêcher de dormir avant le voyage et, en réalité, celui qui se règle le plus vite une fois que vous savez comment. Le résumé : votre carte étrangère ne fonctionne pas, et il y a trois manières raisonnables d’avoir de l’argent en Russie. J’élargis tout ça dans le guide sur comment payer en Russie.
9.1 Pourquoi les cartes occidentales ne fonctionnent pas
Depuis mars 2022, les réseaux Visa et Mastercard ont arrêté leurs opérations en Russie. Cela signifie qu’une Visa ou une Mastercard émise hors de Russie ne fonctionne ni dans les terminaux de paiement ni dans les distributeurs du pays, peu importe la banque émettrice. Idem pour American Express. Les cartes chinoises UnionPay fonctionnent dans certains distributeurs et commerces précis, mais pas dans tous, donc ce n’est pas une solution fiable.
9.2 Les options qui fonctionnent
Voici les options :
- Emporter du liquide en euros ou en dollars et les changer en roubles en Russie. C’est l’option la plus simple et celle que presque tout le monde utilise. Vous pouvez entrer avec jusqu’à 10 000 USD (ou équivalent) sans les déclarer, et les bureaux de change donnent un meilleur taux que les aéroports. Deux détails qui surprennent au guichet : les billets doivent être impeccables (un coin plié, une tache ou une vieille série suffisent pour qu’on vous les rende, comme ça est arrivé à Philippe et à Dimitri) et, au-delà de 40 000 roubles par opération, la banque doit vous identifier et vous demandera votre passeport. Je raconte tout dans pourquoi on vous refuse vos billets en Russie et dans le guide pour échanger des roubles.
- Ouvrir depuis chez vous une carte MIR virtuelle. C’est la nouveauté de cette année : des applis comme Pay in Russia vous donnent une MIR virtuelle en quelques minutes, sans mettre les pieds en Russie, pour payer par QR et en ligne. Avertissement : depuis août 2026, l’appli n’accepte plus les recharges par Visa ni en cryptomonnaies, donc vérifiez où en est la situation avant de compter dessus.
- Vous procurer une carte russe à l’arrivée. La carte MIR est l’équivalent russe de Visa ou Mastercard, elle fonctionne dans tous les terminaux et distributeurs du pays, et les étrangers peuvent l’obtenir. Je raconte tout le processus pas à pas dans la page sur comment obtenir une carte MIR en tant qu’étranger en Russie. Vous pouvez aussi en obtenir une avant le voyage avec une carte bancaire russe YooMoney.
- Envoyer de l’argent avant de partir. Il existe des services qui vous permettent d’envoyer de l’argent vers un compte russe ou un alias de paiement, de le récupérer en liquide dans une agence ou de le charger sur une carte MIR une fois en Russie. Ils fonctionnent que vous ayez un contact sur place ou non. Je vous laisse le guide sur comment envoyer de l’argent en Russie en 2026 avec les options qui marchent aujourd’hui.
Si vous voulez approfondir des méthodes précises, j’ai des articles spécifiques sur envoyer de l’argent avec des cryptomonnaies ou sur utiliser Volet et SwapCoin.
9.3 Combien coûte la vie en Russie
Bien que le rouble ait connu de fortes fluctuations, la première chose à regarder, c’est le taux du jour : on tourne en ce moment autour de 97 roubles pour un euro (environ 84 pour un dollar), contre 83 en juin, donc vos euros valent nettement plus qu’il y a quelques mois. Cela dit, la Russie n’est plus la destination bon marché d’avant : l’inflation cumulée depuis 2021 dépasse 40 % et les hôtels du centre comme les billets de musée ont beaucoup augmenté, tandis que les transports, les courses et le plat du jour restent bien moins chers qu’en France. Quelques prix indicatifs, convertis au taux actuel :
- Lit en auberge dans le centre : 1 200-2 000 roubles (12-21 €).
- Chambre double : 3 500-5 000 roubles (36-52 €) en hôtel simple ou en appartement ; 7 000-12 000 roubles (72-124 €) dans un 3-4 étoiles bien situé.
- Plat du jour (biznes-lanch) : 400-700 roubles (4-7 €) en semaine.
- Dîner pour deux dans un restaurant moyen : environ 5 000 roubles (52 €) à Moscou, 3 000-4 000 (31-41 €) à Saint-Pétersbourg.
- Course urbaine avec Yandex Go : 400-700 roubles (4-7 €).
- Métro : 75 roubles avec la carte Troika à Moscou, 66 avec la Podorojnik à Saint-Pétersbourg.
- Train de nuit troisième classe (platzkart) : à partir de 2 500 roubles.
- Train de nuit koupé (compartiment de quatre) : à partir de 4 000 roubles.
10. Internet, mobile et réseaux sociaux
Avoir une connexion Internet en Russie est devenu un peu plus laborieux qu’avant, mais il y a une solution. Voici l’essentiel.
10.1 La SIM russe : compliquée pour les touristes
Avant, c’était très facile : vous entriez dans une boutique MTS, MegaFon ou Beeline, vous présentiez le passeport et vous sortiez avec une SIM active. Depuis 2025, ça a changé : maintenant, toutes les lignes mobiles doivent être liées à un compte Gosuslugi (le portail unique du gouvernement russe) et à un numéro SNILS (équivalent de la Sécurité sociale). Pour un touriste, en pratique, obtenir une SIM russe locale est compliqué, à moins de passer par des démarches bureaucratiques longues ou qu’un ami russe ne vous en cède une.
10.2 L’eSIM internationale : la solution la plus pratique
L’option que je recommande à tout le monde, c’est de souscrire une eSIM internationale avec couverture en Russie avant de partir de chez vous. Vous l’activez sur votre mobile en quelques minutes, elle vous donne des données dès l’atterrissage et vous ne dépendez d’aucune démarche russe.
Mais toutes ne se valent pas, et là-dessus les chroniques sont sans appel : deux personnes avec la même eSIM le même mois racontent l’inverse l’une de l’autre. J’ai rassemblé ce qui a marché pour de vrai, avec la date de chaque voyage. Prévoyez toujours une solution de secours.
Cela dit, il y a une nuance importante : depuis octobre 2025, le gouvernement russe applique des restrictions aux SIM et eSIM étrangères qui, en principe, durent 24 heures après l’arrivée, même si les compagnies envoient en général un lien par SMS pour lever cette restriction dès l’arrivée. Je vous explique comment la lever, étape par étape, dans le guide sur le blocage de 24 heures avec une eSIM étrangère.
10.3 VPN : installez-le avant de partir
Facebook, Instagram, X (Twitter) et YouTube sont bloqués en Russie depuis des années, et WhatsApp s’y est ajouté en février 2026 ; Telegram fonctionne par à-coups depuis la même semaine. Si vous voulez garder vos applis habituelles, accéder aux médias occidentaux ou regarder Netflix avec votre compte, il vous faudra un VPN. Un conseil qui vient des chroniques : achetez-le et testez-le avant de partir, parce qu’un VPN acheté sur place n’a servi à rien à Dimitri. Lisez aussi ce qu’est MAX, la messagerie russe qui veut remplacer WhatsApp et Telegram, et les nouvelles restrictions sur le mobile.
Conseil critique : téléchargez-le et installez-le avant d’atterrir en Russie. Une fois sur place, beaucoup de sites de fournisseurs de VPN sont bloqués et le téléchargement se complique pas mal. Je vous laisse le guide complet sur quel VPN utiliser en Russie.
Vous préparez tout le voyage, pas seulement cette partie ?
Tout au même endroit : visas, frontières, paiements, trains, applis et quoi faire quand l’une d’elles cesse de fonctionner, plus des itinéraires prêts à l’emploi pour Moscou et Saint-Pétersbourg. Je la mets à jour chaque fois que quelque chose change en Russie.
À lire sur votre téléphone ou votre ordinateur : PDF, ePub et version web. Un seul paiement, mises à jour futures incluses.
Voir ce qu’elle contient11. Comment se déplacer en Russie
La Russie est un pays immense : de la Baltique au Pacifique, il y a 11 fuseaux horaires. Les distances entre les villes sont sibériennes (au sens propre), donc combiner les transports fait partie du voyage. Voici vos options.
11.1 Les trains : le classique incontournable
Voyager en train en Russie est une expérience en soi. Que vous fassiez le Transsibérien complet ou simplement Moscou-Saint-Pétersbourg en train à grande vitesse Sapsan (4 heures) ou que vous preniez un train de nuit avec couchette, les chemins de fer russes sont ponctuels, confortables et beaucoup moins chers qu’en Europe occidentale.
Le problème, comme toujours, c’est d’acheter le billet : le site officiel des chemins de fer russes n’accepte pas les cartes étrangères. Pour ça, vous pouvez passer par un intermédiaire qui permet de payer avec une Visa ou Mastercard étrangère, qui vous délivre le billet électronique que vous présentez avec votre passeport en montant. Mon guide : comment acheter des billets de train en Russie en ligne.
11.2 Vols intérieurs : pour les longues distances
Pour couvrir les distances sibériennes, l’avion est le plus pratique. Aeroflot, S7, Ural Airlines et Pobeda assurent des liaisons fréquentes entre Moscou, Saint-Pétersbourg, Sotchi, Kazan, Iekaterinbourg, Vladivostok, Mourmansk et bien d’autres. Les vols intérieurs sont étonnamment bon marché. L’achat se fait par les mêmes voies que les vols internationaux : avec un intermédiaire qui accepte la carte étrangère. Je vous raconte tout dans le guide pour réserver des vols pour la Russie avec une carte étrangère.
11.3 Taxis et transferts
L’équivalent russe d’Uber est Yandex GO (anciennement Yandex Taxi), une appli excellente, bon marché et très répandue. Le seul problème, c’est que pour vous inscrire sur Yandex GO, il faut un numéro de mobile russe, donc si vous arrivez sans SIM locale, l’appli ne vous servira à rien.
L’alternative pour l’arrivée à l’aéroport, les transferts à la gare ou les déplacements ponctuels sans SIM russe, c’est de réserver votre transfert en Russie avec une carte étrangère avant de partir. Vous commandez la voiture, vous fixez le prix, on vous attend à la sortie de l’aéroport avec un panneau à votre nom et vous payez depuis chez vous avec votre Visa habituelle. C’est l’option que je recommande si vous arrivez à Moscou à deux heures du matin après une longue escale : zéro stress.
11.4 Métro et transports urbains
Le métro de Moscou est l’un des plus beaux du monde (littéralement, il y a des stations qui ressemblent à des palais) et l’un des plus efficaces. Celui de Saint-Pétersbourg est plus simple mais tout aussi fonctionnel. Les billets s’achètent au guichet en liquide, aux distributeurs, ou avec une carte MIR russe. La carte touristique Troïka (Moscou) ou Podorojnik (Saint-Pétersbourg) facilitent énormément le quotidien et sont très économiques.
12. Hébergement : comment réserver avec une carte étrangère
Booking.com et Airbnb ont cessé d’opérer en Russie en 2022, donc les plateformes occidentales habituelles ne servent à rien. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a bien des sites où vous pouvez chercher et réserver hôtels, appartements et auberges en Russie avec une carte étrangère : ils ont le catalogue d’avant (de l’auberge économique à l’hôtel cinq étoiles), acceptent Visa et Mastercard étrangères et se manient aussi bien que les sites occidentaux.
Si vous vivez dans l’Union européenne ou au Royaume-Uni, il se peut que vous ayez besoin d’un VPN pour accéder à certains de ces sites (ils bloquent parfois les IP de l’UE), mais la réservation en elle-même n’a rien de compliqué. Si vous préférez un appartement à l’hôtel, je vous explique comment louer un appartement en Russie avec une carte étrangère.
13. Visites guidées et excursions
Une question qu’on me pose souvent : faut-il prendre un guide ? Non, pas du tout. Moscou et Saint-Pétersbourg sont des villes parfaitement parcourables par vous-même si vous avez un peu de carte et de patience avec le cyrillique (les panneaux du métro sont aussi en alphabet latin). Mais si vous voulez profiter au maximum, éviter les files dans des lieux emblématiques comme l’Ermitage ou le Kremlin, ou avoir quelqu’un qui vous explique en français ce que vous voyez, les visites guidées en Russie avec guide privé sont une excellente option et, en petit groupe, à un prix très raisonnable. Catherine a procédé comme ça en juin 2026, à mi-chemin entre le voyage organisé et le voyage en autonomie, et elle le raconte en détail.
14. Langue, culture et conseils pratiques
Au-delà de la paperasse, il y a quelques aspects pratiques qui vont vous faciliter le voyage.
- Langue : en Russie, on parle russe, et l’anglais est beaucoup moins répandu qu’on ne le croit. Dans les hôtels de chaîne et dans les zones les plus touristiques de Moscou et Saint-Pétersbourg, on vous comprend, mais dans les restos de quartier, les taxis ou les boutiques, pas toujours. Apprendre une demi-douzaine de mots (« bonjour », « merci », « pardon », « combien ça coûte ») et quelques phrases avec le traducteur du mobile résout 90 % des situations. Yandex Translator marche très bien pour scanner les menus et les panneaux. Vous trouverez d’autres astuces dans le guide sur comment communiquer en Russie sans parler russe.
- Cyrillique : consacrez dix minutes avant le voyage à vous familiariser avec l’alphabet cyrillique. Les lettres ressemblent plus au latin que vous ne le croyez, et soudain vous reconnaissez « RESTORAN », « METRO », « BANK »… Ça change beaucoup l’expérience.
- Pourboires : pas obligatoires mais appréciés. Au restaurant, 5-10 % si le service a été bon.
- Vêtements : la Russie est un pays immense aux climats très variés. Moscou en janvier est à -15 °C ; Sotchi en août à 30 °C. Regardez les prévisions réelles pour votre date et préparez votre valise avec bon sens (vrais vêtements chauds si vous partez en hiver : doudoune, bonnet, gants et bottes à bonne semelle).
- Églises : si vous entrez dans une église orthodoxe, les femmes se couvrent la tête avec un foulard et les hommes enlèvent leur casquette. On ne prend pas de photos pendant les offices.
- Les gens : le Russe moyen a la réputation d’être sérieux et ce n’est pas pour rien à la première impression. Mais dès que vous brisez la glace — un sourire, une question, un « spasiba » mal prononcé — il devient l’une des personnes les plus chaleureuses et accueillantes que vous rencontrerez. On vous invitera au thé, on vous expliquera l’histoire du quartier et on vous recommandera les meilleures adresses pour manger.
15. Que voir : itinéraires et destinations
Si c’est votre première fois, le classique Moscou + Saint-Pétersbourg en une semaine ou dix jours reste la meilleure introduction au pays. Si vous avez plus de temps ou si vous connaissez déjà les deux capitales, la Russie a beaucoup plus à offrir.
- Moscou : Place Rouge, Kremlin, métro, Trétiakov, Moscow City. Je vous laisse le guide complet pour voyager à Moscou et les itinéraires par heures pour 1, 2, 3, 4 ou 5 jours à Moscou.
- Saint-Pétersbourg : Ermitage, palais impériaux (Peterhof, Catherine), église du Sauveur-sur-le-Sang-Versé, les Nuits Blanches en été.
- Anneau d’Or : Souzdal, Vladimir, Iaroslavl… un parcours de villages médiévaux à deux heures de Moscou.
- Transsibérien : la route des rêves. De Moscou à Vladivostok, avec des arrêts à Kazan, Iékaterinbourg, Irkoutsk et le lac Baïkal. Guy l’a fait en sept jours d’une traite et Nicolas et Lara en 24 jours avec des étapes.
- Kazan : la capitale tatare, où cohabitent kremlin orthodoxe et mosquée, à trois heures et demie de Moscou en train rapide.
- Iékaterinbourg : la porte de l’Oural, avec l’histoire des Romanov en toile de fond. Iñigo y est allé seul en mars 2026.
- Caucase russe : Sotchi et l’ascension du mont Elbrouz, le toit de l’Europe.
- Arctique : Mourmansk pour voir les aurores boréales et la péninsule de Kola.
- Lieux moins touristiques : si l’aventure vous tente, les villes fermées de Russie sont une histoire à part.
Pour une vue complète des régions et des itinéraires, je vous laisse la page de destinations de Russie. Pour la seconde capitale, les itinéraires de 1, 2, 3 ou 4 jours à Saint-Pétersbourg.
16. Pour conclure : ça vaut la peine de voyager en Russie maintenant ?
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous avez déjà presque tout ce qu’il vous faut pour décider. Mon avis, après de nombreux voyages et avec de la famille et des amis qui y vivent, est clair : oui, ça vaut la peine. La Russie est l’un de ces pays qui changent la perspective de celui qui la visite : par l’échelle, par le mélange d’Europe et d’Asie, par la profondeur historique, par la culture, par la cuisine et, surtout, par les gens.
C’est vrai que voyager maintenant exige un peu plus de préparation qu’en 2019. Il faut organiser le visa, souscrire une assurance russe, planifier comment emporter de l’argent, télécharger le VPN, réserver l’hébergement par de nouveaux canaux… mais aucune de ces choses n’est compliquée quand vous savez où chercher. Ce guide et les articles que je relie depuis ici vous amènent, pas à pas, jusqu’au moment où vous prenez l’avion.
Et, de l’autre côté, je peux vous dire que la récompense vaut la peine. La sensation de se promener sur la Place Rouge à la tombée du jour avec les coupoles de Saint-Basile illuminées, de boire un thé chaud dans un train qui traverse la Sibérie, de manger des pelmeni dans une cantine de quartier où personne ne parle français et où tout le monde vous sourit, de descendre à Sotchi en plein été et de prendre le soleil avec le Caucase en toile de fond, ne se compare à presque rien.
Si vous avez des doutes précis que je n’ai pas couverts ici, écrivez-moi. Je mets cet article à jour chaque fois que quelque chose d’important change, pour qu’il reste toujours le meilleur guide de départ. Bon voyage.
Et si vous y êtes déjà allé ? Racontez-le-moi : vous pouvez m’envoyer votre chronique ici. Je la publie avec vos mots et vos photos, et ça aide énormément ceux qui préparent leur voyage.
Questions fréquentes sur voyager en Russie maintenant
Peut-on voyager en Russie maintenant avec la guerre en Ukraine ?
Oui, on peut voyager en Russie maintenant en toute normalité. Les consulats russes délivrent les visas (eVisa et traditionnel), les frontières touristiques sont ouvertes et la vie dans des villes comme Moscou, Saint-Pétersbourg, Kazan ou Sotchi se déroule normalement. Ce qui a changé, c’est la logistique : il n’y a pas de vols directs depuis l’Europe ou l’Amérique (il faut faire escale à Istanbul, Belgrade, Erevan ou Dubaï), et les cartes Visa et Mastercard étrangères ne fonctionnent pas dans le pays.
Est-ce dangereux de voyager en Russie pour un touriste ?
Pour un touriste qui voyage pour le tourisme et qui se tient à l’écart des régions frontalières avec l’Ukraine, le risque est très faible. La vie à Moscou, Saint-Pétersbourg, Sotchi, Kazan ou n’importe quelle ville touristique est normale : hôtels ouverts, restaurants pleins et transports publics qui fonctionnent. Les arrestations d’étrangers qui apparaissent dans la presse concernent principalement des journalistes, activistes ou personnes au profil politique sensible, pas des touristes avec un visa en règle.
Quel visa me faut-il pour voyager en Russie depuis la France ?
Les Français peuvent demander l’eVisa russe, qui permet des séjours allant jusqu’à 30 jours, coûte environ 52 USD et se demande en ligne en quatre jours. Pour un séjour plus long ou plusieurs entrées, il faut demander le visa traditionnel au centre de visas (autour de 102 € l’entrée simple, 148 € double, 254 € multi-entrées, en incluant taxes et frais).
Les Belges et les Suisses peuvent-ils demander l’eVisa russe ?
Oui. La Belgique, la Suisse et le Luxembourg figurent dans la liste des pays éligibles à l’eVisa russe. La procédure est la même que pour les Français : demande en ligne, séjour jusqu’à 30 jours, environ 52 USD. Pour un séjour plus long ou des entrées multiples, il faut passer par le visa traditionnel à l’ambassade ou au consulat russe correspondant.
Faut-il un visa pour voyager en Russie depuis l’Amérique latine ?
Non pour la plupart. L’Argentine, le Chili, la Colombie, Cuba, l’Équateur, le Pérou et le Venezuela ont signé un accord d’exemption de visa avec la Russie et leurs citoyens peuvent y entrer pour le tourisme jusqu’à 90 jours sans visa. Cela dit, depuis juin 2025 il faut s’enregistrer au préalable sur l’application officielle RuID, charger ses données personnelles et autoriser l’entrée au moins 72 heures à l’avance. L’autorisation est gratuite, mais le système est encore en phase expérimentale. Le Mexique, lui, n’a pas d’accord d’exemption et doit demander l’eVisa.
Puis-je utiliser ma carte Visa ou Mastercard en Russie ?
Non. Les cartes Visa, Mastercard et American Express émises hors de Russie ne fonctionnent plus dans le pays depuis mars 2022, ni dans les terminaux de paiement ni dans les distributeurs. Les alternatives qui marchent sont : emporter des euros ou des dollars en liquide et les changer en roubles sur place, ouvrir depuis chez vous une carte MIR virtuelle, vous procurer une carte russe à l’arrivée ou envoyer de l’argent en Russie avant le voyage avec les services qui opèrent encore.
Quelle assurance médicale est valable pour le visa russe ?
Les assurances occidentales (Allianz, AXA, AVI, Mondial Assistance) ne couvrent plus la Russie à cause des sanctions, même si leurs polices indiquent une couverture mondiale. Il faut une compagnie d’assurance russe adaptée à la situation, qui accepte le paiement par carte étrangère, respecte les exigences du consulat et délivre la police au moment. C’est valable aussi bien pour l’eVisa que pour le visa traditionnel.
Comment avoir Internet en Russie si je ne peux pas acheter de SIM locale ?
Le plus pratique, c’est de souscrire une eSIM internationale avec couverture en Russie avant de partir : vous l’activez sur le mobile en quelques minutes et vous avez des données dès l’atterrissage. Depuis octobre 2025, il y a des restrictions sur certaines eSIM étrangères pendant les premières 24 heures, donc il vaut mieux en choisir une qui fonctionne bien dans le pays. Acheter une SIM russe locale en tant que touriste est compliqué depuis 2025 car il faut la lier au portail russe Gosuslugi.
Ai-je besoin d’un VPN en Russie ?
Oui, si vous voulez utiliser Facebook, Instagram, X (Twitter), YouTube ou WhatsApp, bloqué en Russie depuis février 2026. Telegram fonctionne par à-coups depuis la même date. Le conseil critique, c’est de le télécharger et de l’installer avant d’atterrir en Russie : beaucoup de sites de fournisseurs de VPN sont bloqués à l’intérieur du pays et le téléchargement se complique.
Comment réserver un hôtel si Booking.com ne fonctionne pas en Russie ?
Booking.com et Airbnb ont cessé d’opérer en Russie en 2022. Il existe des sites alternatifs qui maintiennent le catalogue complet (auberges, hôtels, appartements), fonctionnent en français et acceptent Visa et Mastercard étrangères. Si vous vivez dans l’UE ou au Royaume-Uni, il se peut que vous ayez besoin d’un VPN pour y accéder, mais la réservation en elle-même n’a rien de compliqué.
Y a-t-il des vols directs vers la Russie depuis la France ou la Belgique ?
Non. Depuis 2022, l’espace aérien entre l’Union européenne et la Russie est fermé, donc aucune compagnie européenne ou américaine ne vole en direct vers Moscou ou Saint-Pétersbourg. Il faut faire escale dans un pays tiers. Les hubs les plus utilisés depuis la France sont Istanbul (Turkish Airlines, Pegasus), Belgrade (Air Serbia), Erevan (Aeroflot, FlyOne) et Dubaï (Emirates, flydubai). Istanbul est en général le moins cher et le plus desservi.
Combien coûte un voyage d’une semaine en Russie ?
Avec un budget serré, vous pouvez vous en sortir avec 40-55 € par jour (lit en auberge, plat du jour, transport public). Avec un hôtel de gamme moyenne, les repas dehors et les musées, comptez 80-110 € par jour. À ça il faut ajouter le vol avec escale, aujourd’hui entre 600 et 1 000 € aller-retour, et l’eVisa plus l’assurance (environ 75-90 €). Une semaine revient à 1 200-2 200 € par personne, avec le rouble autour de 97 pour un euro.
Y a-t-il encore des gens qui voyagent en Russie en 2026 ?
Oui. Rien qu’entre juillet et septembre 2026, j’ai publié trente chroniques de lecteurs qui venaient d’en revenir, pour des voyages faits entre février 2025 et septembre 2026. Ils sont entrés avec un eVisa, un visa traditionnel ou un titre de séjour ; en avion via Istanbul, par les passages terrestres d’Estonie et de Lettonie, par Kaliningrad, en train depuis Minsk et même à vélo. Aucun ne raconte un problème de sécurité à l’intérieur du pays : les difficultés qu’ils décrivent sont les files à la frontière, le liquide et la connexion à internet.






