La forteresse Pierre-et-Paul est l’endroit où Saint-Pétersbourg est née. C’est ici que Pierre le Grand a posé la première pierre le 27 mai 1703, sur une petite île marécageuse pleine de lièvres (l’île de Zaïatchi, ou « île aux Lièvres »), et c’est à partir de ce moment que tout ce qui forme aujourd’hui la ville s’est développé. Voilà pourquoi, si tu visites Saint-Pétersbourg, c’est l’un des premiers endroits où il faut aller : on y comprend d’où vient tout le reste.
L’entrée dans l’enceinte est gratuite, mais à l’intérieur se trouvent huit expositions et musées différents, une cathédrale qui abrite les tombes de presque tous les tsars Romanov (y compris celle de Nicolas II), une sombre prison politique, un musée de la cosmonautique et plusieurs remparts et bastions sur lesquels tu peux marcher. Le plus pratique, à moins de vouloir simplement la voir depuis l’extérieur, c’est d’acheter le billet combiné (Ediny bilet) : il coûte 1 500 roubles pour les adultes et te donne accès à tout ce qui compte vraiment pendant trois jours.
Dans cet article, je t’explique comment organiser ta visite, combien coûte chaque chose, quels horaires tu trouveras, comment y aller et, surtout, quoi voir pour ne pas passer à côté de l’essentiel.
La naissance d’une ville : pourquoi cette forteresse est si importante
Saint-Pétersbourg a été pendant plus de deux siècles la capitale de l’Empire russe, depuis sa fondation jusqu’en 1918. Et tout a commencé ici même, sur une petite île de la Neva où, en pleine Grande Guerre du Nord contre la Suède, Pierre le Grand fit construire une forteresse défensive le 27 mai 1703.
Aujourd’hui, la zone est entourée d’une immense ville, reliée par près de 800 ponts qui enjambent ses îles et ses canaux (certains d’entre eux sont des ponts levants en été), ce qui lui vaut le surnom de « Venise du Nord ». Mais au tout début, il n’y avait pratiquement rien ici : une île marécageuse, de l’eau à perte de vue et beaucoup de lièvres qui couraient entre les roseaux. D’où le nom de l’île : Zaïatchi, « île aux Lièvres ». Tu verras des lièvres et des lapins sculptés un peu partout dans l’enceinte, justement comme clin d’œil à cette origine.
Pierre confia le projet à son architecte suisse de confiance, Domenico Trezzini, qui signa aussi la cathédrale de l’enceinte. Le plan adopté fut hexagonal, en forme d’étoile à six branches, avec un bastion à chaque angle. Les six bastions portent le nom des hommes qui en supervisèrent la construction : Pierre lui-même (Gossoudarev, « du Souverain »), Narychkine, Troubetskoï, Zotov, Golovkine et Menchikov.
Détail curieux : la forteresse n’a jamais été attaquée militairement. Elle finit par remplir une fonction bien plus sinistre : devenir l’une des prisons politiques les plus redoutées de l’empire. Mais je t’en parle plus bas.
Une autre curiosité : la silhouette de la forteresse avec sa flèche dorée apparaît au revers du billet de 50 roubles. Regarde-le bien la prochaine fois que tu en auras un en main.
Comment aller à la forteresse
La forteresse se trouve sur l’île de Zaïatchi, dans le district de Petrogradski. Tu as plusieurs options pour t’y rendre :
- En métro : la station la plus proche est Gorkovskaïa (ligne 2, bleue), à environ 5-7 minutes à pied du pont principal (Ioannovski). Une autre option est de descendre à Sportivnaïa (ligne 5, violette) et de traverser le pont Kronverkski depuis l’autre côté. Je te laisse ici le guide des transports publics de Saint-Pétersbourg avec tout ce qu’il faut savoir sur la carte Podorojnik.
- À pied depuis le centre : si tu as envie de marcher, tu peux traverser le pont de la Trinité (Troïtski most) puis le pont Ioannovski. Compte environ 25-30 minutes depuis la place du Palais.
- En bateau : en été, des balades en bateau sur les canaux et la Neva font escale à la forteresse. Si tu arrives ainsi, tu entreras par le quai et la Porte de la Neva.
Horaires : quand peux-tu entrer
Il faut distinguer trois choses : l’île de Zaïatchi (l’espace extérieur), l’enceinte fortifiée (à l’intérieur des remparts) et les musées et expositions.
- Île de Zaïatchi (allées, promenade, quais) : ouverte de 6 h à 22 h tous les jours, toute l’année. Entrée gratuite.
- Enceinte fortifiée : ouverte de 9 h 30 à 21 h tous les jours. Entrée gratuite dans l’enceinte.
- Cathédrale Pierre-et-Paul et prison de Troubetskoï : ouvertes tous les jours, de 10 h à 18 h (le mardi, fermeture à 17 h).
- Autres musées et expositions (Cosmonautique, Histoire de Saint-Pétersbourg, Céramique architecturale, etc.) : de 11 h à 19 h, jusqu’à 18 h le mardi, et fermés le mercredi.
- Les caisses ferment une heure avant les expositions.
Attention : il existe des jours particuliers où les horaires changent à cause d’événements spéciaux (la Nuit des Musées en mai, des jours fériés comme le 9 mai ou le jour de la ville, le 27 mai). Avant de t’y rendre, mieux vaut vérifier le site officiel du Musée d’État d’Histoire de Saint-Pétersbourg.
Billets et prix à jour
C’est la partie clé, parce qu’avec tant de choses à voir, les billets ressemblent à un petit casse-tête. Je te simplifie tout ça.
Le billet combiné (Ediny bilet) : l’option la plus rentable
Pour 1 500 roubles (adultes), tu accèdes aux huit principales attractions de la forteresse pendant trois jours calendaires. Ce billet inclut :
- Cathédrale Pierre-et-Paul et Mausolée grand-ducal
- Prison du bastion Troubetskoï
- Musée de la Cosmonautique et de la Technologie des Fusées V. P. Glouchko
- Exposition « Histoire de Saint-Pétersbourg – Petrograd. 1703-1918 » (Maison du Commandant)
- Exposition « Histoire de la forteresse Pierre-et-Paul »
- Exposition « Musée de la Céramique architecturale » (Keramarkh)
- Exposition « Monde des Objets du Modern’ »
- Galerie souterraine et casemate du bastion Gossoudarev
Ce que le billet combiné n’inclut pas : la montée au clocher de la cathédrale et la passerelle « Nevskaïa panorama » sur les remparts de la Neva. Ces deux-là se paient à part.
Prix :
- Adultes : 1 500 ₽
- Étudiants russes : 800 ₽
- Retraités russes : 700 ₽
Le billet combiné inclut aussi une visite guidée gratuite en russe d’1 h 30 dans la forteresse et la cathédrale, avec un départ toutes les heures de 11 h à 17 h (dernier départ à 16 h 30 le mardi et les veilles de jours fériés). Les groupes se forment au Centre d’information du Ravelin de Ioannovski. La visite se fait avec audioguides et on te demande un dépôt de 1 000 ₽ en espèces par appareil, qu’on te rend à la fin.
Billets individuels
Si tu n’es intéressé que par une chose en particulier, tu peux acheter des billets séparés. Voici les prix actuels :
| Attraction | Adulte | Étudiant RF | Retraité RF |
|---|---|---|---|
| Cathédrale + Mausolée grand-ducal | 1 000 ₽ | 600 ₽ | 500 ₽ |
| Prison Troubetskoï | 500 ₽ | 400 ₽ | 400 ₽ |
| Musée de la Cosmonautique | 400 ₽ | 250 ₽ | 250 ₽ |
| Expo « Histoire de Saint-Pétersbourg – Petrograd 1703-1918 » | 450 ₽ | 300 ₽ | 300 ₽ |
| Autres expositions (chacune) | 350 ₽ | 250 ₽ | 250 ₽ |
| Clocher (avec guide) | 500 ₽ | 400 ₽ | 400 ₽ |
| Passerelle « Nevskaïa panorama » | 400 ₽ | 300 ₽ | 300 ₽ |
Mon conseil : si tu comptes entrer dans la cathédrale et dans la prison, le combiné est rentable. Ces deux-là à elles seules font déjà 1 500 ₽, et le combiné inclut six choses de plus.
Où s’achètent les billets
Les billets s’achètent aux caisses. Il y a trois points principaux :
- Ravelin de Ioannovski (entrée principale par le pont Ioannovski) : c’est la première caisse que tu verras après avoir traversé le pont, à gauche en passant la porte. Elle fait aussi office de centre d’information, avec des plans en plusieurs langues.
- Maison du Bateau (Botny dom), à côté de la cathédrale. C’est un petit pavillon avec une histoire curieuse : il a été construit entre 1762 et 1766 pour abriter un bateau surnommé « le grand-père de la flotte russe », le premier de la marine de Pierre. L’original se trouve aujourd’hui au Musée naval de Saint-Pétersbourg, mais à l’intérieur de la Maison du Bateau il y a une réplique en bois.
- Des caisses supplémentaires se trouvent à la prison de Troubetskoï et au Musée de la Cosmonautique, si tu entres directement par l’une de ces attractions.
Détail important sur le paiement : si tu paies en espèces (roubles), parfait. Si tu paies par carte, assure-toi qu’il s’agisse d’une carte russe MIR. Les cartes Visa ou Mastercard émises hors de Russie ne fonctionnent plus dans le pays depuis 2022. Si tu prévois de rester plusieurs jours, il peut t’intéresser de te faire faire une carte MIR.
Toilettes : un bâtiment dédié dans l’enceinte, dans l’ancienne remise à carrosses (Karetnik), abrite des toilettes publiques pour 50 roubles.
Plan : comment t’orienter dans la forteresse
La forteresse est nettement plus grande qu’elle n’en a l’air et la première fois, il est facile de s’y perdre. Voici le plan officiel avec les musées (numéros en rouge) et les structures architecturales (numéros en vert) :
Pour te repérer : l’entrée principale est du côté est (pont Ioannovski) ; la cathédrale est à peu près au centre de l’île ; la prison de Troubetskoï est plutôt à l’ouest ; le Musée de la Cosmonautique est dans le Ravelin de Ioannovski, juste à côté de l’entrée ; et la plage est du côté sud, le long des remparts de la Neva.
Que voir : musées et expositions
Je t’explique maintenant ce qu’il y a de plus intéressant dans chaque visite.
1. La cathédrale Pierre-et-Paul et le Mausolée grand-ducal
Sans aucun doute le plus important de la forteresse. La cathédrale a été construite entre 1712 et 1733, par Domenico Trezzini lui aussi, et sa flèche dorée de 122,5 mètres (dont 40 mètres pour la flèche elle-même, surmontée d’un ange tenant une croix) en fit pendant des siècles le bâtiment le plus haut de Saint-Pétersbourg. Aujourd’hui, le plus haut de la ville est le Centre Lakhta (462 mètres, siège de Gazprom, gratte-ciel le plus haut d’Europe), mais la flèche de la cathédrale reste l’un des symboles visuels les plus reconnaissables de la ville.
Le style est baroque pétrinien, très différent du style « bulbes » typiquement russe. À l’intérieur, l’iconostase doré, les grandes fenêtres et, surtout, les tombes sont impressionnants.
C’est ici que sont enterrés presque tous les tsars de la dynastie Romanov, à commencer par Pierre Ier le Grand (mort en 1725). Tu y trouveras aussi les tombes de Catherine la Grande, Alexandre Ier, Nicolas Ier, Alexandre II (le tsar libérateur, avec une tombe particulièrement belle en jaspe vert), Alexandre III…
Et, particulièrement émouvant : les tombes de Nicolas II, de la tsarine Alexandra et de trois de leurs filles (Olga, Tatiana et Anastasia), avec le médecin Botkine et d’autres serviteurs assassinés avec eux à Ekaterinbourg en juillet 1918. Leurs restes ont été transférés ici le 17 juillet 1998, exactement quatre-vingts ans après l’assassinat, lors d’une cérémonie officielle à laquelle assista Boris Eltsine. Ils sont enterrés dans une chapelle latérale (la chapelle Sainte-Catherine), pas dans la nef principale, parce que l’Église orthodoxe russe a mis en doute l’authenticité des restes. Ceux du tsarévitch Alexis et de la grande-duchesse Maria n’ont été retrouvés que plus tard, en 2007, et n’y ont pas encore été inhumés.
Anecdote : il y avait tant de tombes à la fin du XIXe siècle que la cathédrale s’est retrouvée à court de place. Pour régler le problème, le Mausolée grand-ducal a été construit à côté entre 1896 et 1908, relié à la cathédrale par un couloir, avec de la place pour 60 tombes supplémentaires de ducs et duchesses.
Important pour ta visite : par respect pour le culte, à l’intérieur il n’y a pas de bancs et il est interdit de s’asseoir. La cathédrale célèbre toujours des offices religieux (repris en 2000 après une pause depuis 1924) et le dimanche elle ouvre une heure plus tard.
Le clocher se paie à part : si tu y montes (visite guidée de 500 roubles), tu verras 51 cloches, un carillon flamand installé en 2001 qui sert à des concerts en été, et une vue spectaculaire sur le centre-ville. L’accès se fait uniquement avec guide et en très petits groupes, donc mieux vaut réserver sur place à l’avance.
2. La prison du bastion Troubetskoï
L’autre temps fort, avec la cathédrale. Le bastion Troubetskoï a été reconstruit dans les années 1870 pour abriter la prison politique la plus redoutée de l’empire. La forteresse avait déjà eu des détenus importants au XVIIIe siècle (son tout premier « hôte » fut le propre fils de Pierre le Grand, le tsarévitch Alexis, enfermé par son père et mort sous interrogatoire en 1718), mais c’est ici que s’est concentrée la répression politique à partir de la fin du XIXe siècle.
Parmi ses pensionnaires, on compte notamment :
- Fiodor Dostoïevski (1849, condamné à mort puis envoyé en Sibérie)
- Mikhaïl Bakounine (le père de l’anarchisme russe)
- Maxime Gorki
- Léon Trotski (1905, un bref séjour)
- Josip Broz « Tito » (oui, le futur dirigeant de la Yougoslavie)
- Piotr Kropotkine (anarchiste) a été le seul à s’évader de la prison, en 1876, et est devenu célèbre pour cela.
La prison a continué à fonctionner brièvement après la Révolution de 1917 (paradoxalement, en y enfermant cette fois d’anciens ministres tsaristes) et a été fermée en 1924 pour être transformée en musée.
La visite est assez marquante. Tu peux parcourir les cellules conservées quasiment telles quelles, voir la salle de bains où l’on humiliait les détenus, lire les biographies des plus connus et te pencher sur la cour où on les laissait sortir quelques minutes par jour pour « se promener ». Compte 40 à 60 minutes.
3. Musée de la Cosmonautique et de la Technologie des Fusées V. P. Glouchko
Inauguré en 1973, il est consacré au programme spatial soviétique. Le plus étonnant, c’est qu’il occupe le site même où a fonctionné, entre 1932 et 1933, l’une des toutes premières installations du pays dédiées à la conception de moteurs-fusées (la GDL, Gazodinamitcheskaïa laboratoria), d’où sortirent des pièces ensuite utilisées sur les fusées R-7 qui envoyèrent Spoutnik et Gagarine dans l’espace.
À l’intérieur, tu trouveras :
- Des répliques à l’échelle des satellites Spoutnik, des vaisseaux Vostok, Voskhod et Soyouz
- Des combinaisons spatiales originales
- Des maquettes de la Station spatiale internationale
- Des moteurs, pièces réelles de fusées et autres curiosités d’ingénierie aérospatiale
- Une section consacrée à Valentin Glouchko, qui donne son nom au musée et qui a conçu une grande partie des moteurs qui ont propulsé la Russie dans l’espace
Si tu as déjà visité le Musée mémorial de la Cosmonautique de Moscou, celui-ci te paraîtra plus modeste. Mais si le sujet t’intéresse ou si tu voyages avec des enfants, il vaut le coup.
Astuce pratique : le 12 avril, Journée mondiale de la Cosmonautique (anniversaire du vol de Gagarine en 1961), l’entrée du musée est généralement gratuite.
4. Exposition « Histoire de Saint-Pétersbourg – Petrograd 1703-1918 » (Maison du Commandant)
Une exposition permanente consacrée à la vie quotidienne de la ville aux XVIIIe et XIXe siècles. Cartes, peintures, trouvailles archéologiques, objets du quotidien : commerce, transport, mode, alimentation, logement, loisirs. C’est la plus grande des expositions de l’enceinte (parmi celles que couvre le combiné) et la meilleure pour comprendre le contexte historique de Saint-Pétersbourg. N’oublie pas que la ville s’est appelée Saint-Pétersbourg jusqu’en 1914, Petrograd de 1914 à 1924, Leningrad de 1924 à 1991, et de nouveau Saint-Pétersbourg depuis 1991.
5. Exposition « Histoire de la forteresse Pierre-et-Paul » (rempart de la Neva)
Plus petite que la précédente, consacrée à la construction et à l’évolution de la forteresse elle-même au fil des siècles. Tu y verras d’anciens plans, des photographies, des cartes et des gravures qui montrent comment elle a changé. Très intéressante pour les amateurs d’architecture militaire.
6. Musée de la Céramique architecturale « Keramarkh »
L’une des incorporations les plus récentes du complexe. Il retrace l’histoire de la céramique décorative russe du XVIIIe au début du XXe siècle : carreaux, dalles, frises céramiques et poêles russes traditionnels (petch), dont beaucoup ont été récupérés dans des bâtiments démolis. Si les détails de l’architecture intérieure russe te passionnent, c’est très intéressant.
7. « Monde des Objets du Modern’ » (Predmetny mir moderna)
Autre exposition relativement récente, consacrée au style moderniste (l’Art nouveau russe), si présent dans de nombreux bâtiments de Saint-Pétersbourg. Meubles, lampes, vaisselle, verrerie, objets du quotidien de la belle époque russe.
8. Galerie et casemate du bastion Gossoudarev
La nouveauté la plus récente du complexe. On te laisse parcourir une galerie souterraine (poterna) et une casemate du bastion qui a donné son nom à l’enceinte (Gossoudarev = « du Souverain », le premier à avoir été construit, élevé en 1703 par Pierre lui-même). C’est un passage étroit et sombre, très bien restauré, où on t’explique comment fonctionnait la forteresse d’un point de vue militaire.
À part : Musée de l’Histoire de la Monnaie (Goznak)
Ce musée n’est pas inclus dans le billet combiné et se trouve un peu à l’écart, juste en face du bastion Golovkine, dans le bâtiment Anninski Kavalier. Il est géré par Goznak, l’historique Monnaie russe qui s’est installée à la forteresse depuis Moscou en 1724 et qui continue de fabriquer monnaies, médailles et décorations russes.
- Site du musée : museum.goznak.ru
- Horaires : 10 h à 20 h (fermé le jeudi)
- Prix : 200 ₽
C’est un musée assez méconnu (rénové en 2016) et très intéressant si tu aimes la numismatique. Il abrite une boutique très curieuse, avec des répliques et des pièces réelles.
Les structures architecturales : bastions, portes et statues
Au-delà des musées, se promener le long des remparts et dans les cours est l’une des meilleures choses à faire ici. À ne pas manquer :
Le coup de canon de midi
L’une des traditions les plus connues de Saint-Pétersbourg : chaque jour, à midi pile, un coup de canon est tiré depuis le bastion Narychkine. La coutume remonte à 1730, elle a été régularisée à partir de 1873, interrompue en 1934 et rétablie en 1957. À l’époque de Pierre le Grand, le canon marquait le début et la fin de la journée de travail et donnait l’alerte en cas d’inondation.
Si tu passes par la forteresse autour de midi, approche-toi du bastion Narychkine (celui qui donne sur la Neva, juste en face de l’Ermitage, de l’autre côté du fleuve) pour assister à la scène. Et prépare-toi : le bruit est très fort et prend toujours au dépourvu un touriste ou deux.
Chaque 27 mai, jour de la ville (anniversaire de la fondation de Saint-Pétersbourg), un tir spécial commémoratif est organisé et le bastion arbore le drapeau impérial. Le samedi, pendant la saison estivale, on assiste aussi à une cérémonie de relève de la garde qui vaut le détour.
La passerelle « Nevskaïa panorama »
Si tu aimes les belles vues, ne manque surtout pas la promenade sur les remparts de la Neva. La passerelle « Nevskaïa panorama » permet de marcher sur une plate-forme en bois posée sur les remparts, avec une vue spectaculaire sur le centre historique de Saint-Pétersbourg, le Palais d’Hiver et l’Ermitage de l’autre côté du fleuve. Elle longe plusieurs bastions (Gossoudarev, Menchikov, Narychkine, Golovkine) et dure 20 à 30 minutes.
- Horaire : 10 h à 19 h 30
- Prix : 400 ₽ (non inclus dans le combiné)
Mon conseil : fais-la en fin de journée, juste avant la fermeture, pour profiter de la lumière dorée et, en été, voir le ciel changer de couleurs pendant les nuits blanches.
Les portes d’entrée
La Porte de Pierre (Petrovskié vorota) est l’entrée officielle. C’est un petit arc de triomphe de 1708 qui commémore la victoire russe sur la Suède. Regarde bien le bas-relief sur la partie supérieure : il représente la chute de Simon le Magicien, une métaphore par laquelle Pierre voulait s’identifier (lui en apôtre Pierre, les Suédois en Simon). Au-dessus de la porte se trouve un aigle bicéphale en bronze qui pèse plus de 1 000 kilos : les Soviétiques ont tenté de l’enlever dans les années 30 sans y parvenir.
La Porte de la Neva (celle qui donne sur le quai, aussi appelée « Porte de la Mort » parce que c’est par là que sortaient les prisonniers condamnés) est l’autre porte qui vaut le détour. C’est par elle que tu accèdes si tu arrives en bateau.
La statue de Pierre le Grand
Au milieu de l’enceinte se trouve une statue de Pierre le Grand assis, avec un corps démesurément grand par rapport à la tête. Elle a été installée en 1991 et est l’œuvre du sculpteur Mikhaïl Chemiakine, qui a vécu en exil aux États-Unis avant de revenir en Russie avec cette œuvre controversée. Les Pétersbourgeois aiment s’asseoir à ses côtés pour la photo : on raconte que toucher le doigt de Pierre (usé et luisant à force d’être saisi) porte chance.
Les lièvres et lapins partout
Dans toute la forteresse, tu croiseras des sculptures de lièvres et de lapins, en hommage au nom de l’île. La plus célèbre est Arseni, une petite sculpture en bronze posée sur un pilotis du pont Ioannovski, dans l’eau. La tradition veut que si tu lances une pièce et qu’elle l’atteint, ton vœu s’exaucera. Si tu t’arrêtes quelques minutes sur le pont, tu verras d’autres touristes (et des enfants russes) lancer des pièces.
La plage et où manger (restaurant Koriouchka)
Une chose que tout le monde ne sait pas : la forteresse abrite une plage de sable fin sur sa partie sud, le long des remparts de la Neva. Elle est très fréquentée l’été par les Pétersbourgeois pour bronzer et même se baigner (avec une Neva assez froide, il faut bien le dire). En hiver, à l’inverse, le fleuve gèle et l’on y voit apparaître des amateurs de baignade polaire et des sculptures de glace.
Juste à côté de la plage, en dehors de l’enceinte fortifiée mais toujours sur l’île, se trouve le restaurant Koriouchka (Korioucka) : l’un des meilleurs endroits pour manger près de la forteresse, avec une belle vue, une décoration élégante et une cuisine russe moderne. On y mange pour environ 2 500-3 000 roubles en moyenne. Les réservations se font sur leur site, et en haute saison c’est vivement recommandé de réserver à l’avance.
Si tu préfères quelque chose de plus économique, dans la forteresse il y a deux ou trois cafétérias et des kiosques de restauration rapide. Rien d’extraordinaire, mais ça dépanne pour un en-cas.
D’ailleurs, koriouchka est le nom d’un petit poisson typique de la Neva (l’éperlan) qui, au printemps, dégage une odeur très particulière (rappelant le concombre frais) et que les Pétersbourgeois attendent chaque année comme un mets de saison. Goûte-le si tu y vas en mai.
Visites guidées et tours en hélicoptère
Si tu préfères visiter la forteresse avec un guide en français ou en anglais, plusieurs agences locales proposent des tours. Comme les plateformes internationales type GetYourGuide ou Viator ne fonctionnent plus en Russie depuis 2022, il faut passer par des opérateurs russes. Je t’explique comment t’y prendre dans le guide sur les visites guidées à Saint-Pétersbourg, avec les plateformes qui fonctionnent et la manière de payer.
Pour les plus aventureux : depuis la forteresse elle-même (zone du bastion Narychkine, côté Neva) opèrent des vols touristiques en hélicoptère au-dessus de la ville. Plusieurs compagnies locales proposent des prix à partir d’environ 7 000 roubles par personne les week-ends de mai à octobre, pour des vols d’une quinzaine de minutes au-dessus du centre historique. Une expérience différente et, par temps clair, des vues qui valent largement le détour.
Autres détails utiles
- En face de la forteresse, de l’autre côté du pont Kronverkski, se trouve le Musée d’Histoire militaire de l’Artillerie, du Génie et des Transmissions (http://www.artillery-museum.ru/). Un immense musée avec des canons de l’époque de Pierre le Grand jusqu’aux missiles soviétiques, en passant par une salle dédiée au fusil Kalachnikov AK-47. Si le sujet militaire t’intéresse, tu peux l’enchaîner après la forteresse.
- Concerts et festivals : en été, la place de la cathédrale accueille des concerts en plein air. Le 27 mai (jour de la ville), des célébrations spéciales ont lieu avec défilés, musique et un tir de canon commémoratif.
- Nuit des Musées : chaque année, en mai, la forteresse participe à la Nuit des Musées avec des horaires spéciaux jusque tard dans la nuit. Mieux vaut vérifier les dates exactes sur le site du musée.
Combien de temps consacrer à la visite
Cela dépend beaucoup de ce que tu veux voir :
- Visite rapide (cathédrale + promenade seulement) : 1 h 30 à 2 heures.
- Cathédrale + Troubetskoï + promenade sur les remparts : 2 h 30 à 3 heures (ma recommandation si tu as peu de temps à Saint-Pétersbourg).
- Visite complète avec tous les musées, Nevskaïa panorama et un repas : une demi-journée / 4-5 heures.
Souviens-toi que le mercredi, les musées sont fermés (sauf la cathédrale et la prison de Troubetskoï). Et en plein été il y a beaucoup de monde, donc autant venir tôt le matin ou en toute fin de journée.
Comment l’intégrer à ton itinéraire à Saint-Pétersbourg
La forteresse est pratiquement incontournable lors de toute visite de la ville. Si tu as 3 ou 4 jours, tu peux la combiner sur une matinée avec une balade sur la Perspective Nevski et la place du Palais de l’autre côté du fleuve. Si tu n’as que 2 jours, mets-la le premier matin pour comprendre la ville depuis ses origines et garde pour la suite l’Ermitage, la cathédrale Saint-Isaac, l’église du Sauveur sur le Sang Versé, les palais des environs comme Peterhof ou le Palais Catherine…
Je te laisse ici ma proposition d’itinéraires à Saint-Pétersbourg sur 1, 2, 3 ou 4 jours si tu veux un guide complet pour organiser tout ton voyage.
Questions fréquentes
L’entrée de la forteresse Pierre-et-Paul est-elle gratuite ?
L’accès à l’enceinte fortifiée et à l’île de Zaïatchi est totalement gratuit. On ne paie que pour entrer dans les musées et expositions à l’intérieur (cathédrale, prison de Troubetskoï, musée de la cosmonautique, etc.).
Combien coûte le billet combiné ?
1 500 roubles par adulte. C’est l’option la plus rentable : il donne accès aux 8 principales attractions (cathédrale, prison, musée de la cosmonautique et cinq expositions supplémentaires), il est valable 3 jours et inclut une visite guidée gratuite en russe d’1 h 30.
Quel jour la forteresse est-elle fermée ?
L’île et l’enceinte sont ouvertes tous les jours de l’année. La cathédrale et la prison de Troubetskoï ouvrent aussi tous les jours (avec un horaire réduit le mardi). Les autres musées et expositions ferment le mercredi : si tu veux tout voir, évite ce jour-là.
À quelle heure a lieu le coup de canon de la forteresse ?
À midi pile, chaque jour, depuis le bastion Narychkine. C’est très bruyant, donc mieux vaut ne pas être pris de court. Arrive quelques minutes avant si tu veux bien voir la scène.
Où sont enterrés les Romanov ?
Dans la cathédrale Pierre-et-Paul. La plupart des tsars, depuis Pierre le Grand jusqu’à Alexandre III, ont ici leur tombe. Nicolas II, la tsarine Alexandra et trois de leurs filles (Olga, Tatiana et Anastasia) ont été inhumés dans la chapelle Sainte-Catherine, sur le côté sud-ouest, le 17 juillet 1998, quatre-vingts ans après leur assassinat à Ekaterinbourg.
Peut-on acheter les billets en ligne ?
Oui, c’est possible, mais pour une visite normale de la forteresse les billets s’achètent très bien aux caisses. Les deux principales se trouvent au Ravelin de Ioannovski (entrée principale) et à la Maison du Bateau (près de la cathédrale).
Ma carte Visa ou Mastercard fonctionne-t-elle pour payer ?
Non. Depuis 2022, les cartes Visa ou Mastercard émises hors de Russie ne fonctionnent plus dans le pays. Prends des roubles en espèces ou fais-toi faire une carte russe MIR.
Combien de temps faut-il pour la visiter ?
Le minimum recommandé est 2 heures (cathédrale et promenade). Si tu veux voir la cathédrale, la prison de Troubetskoï et marcher sur les remparts, compte 3 heures. Pour une visite complète avec tous les musées et la passerelle Nevskaïa panorama, une demi-journée (4-5 heures).






