Dans cet article, je te raconte ce qu’on mange en Russie : les plats les plus typiques, les boissons qui les accompagnent et, surtout, où les goûter aujourd’hui. Parce que depuis 2022, des choses ont changé qu’il vaut mieux connaître avant de partir : les chaînes occidentales ont quitté le pays (et ont rouvert sous un autre nom) et les cartes Visa ou Mastercard étrangères ne fonctionnent plus en Russie. Je t’explique tout, avec les prix actuels et des recommandations concrètes.
1. La gastronomie russe : un mélange difficile à définir
Je vais être sincère : la cuisine russe n’a pas la renommée internationale de l’italienne ou de la japonaise. Mais derrière elle se cache une histoire culinaire très longue et très riche, nourrie d’influences des différentes régions du pays, des anciennes républiques soviétiques et de la cuisine française.
Et il y a une surprise : même si beaucoup de marques occidentales sont parties après le conflit en Ukraine, Moscou et Saint-Pétersbourg vivent l’un de leurs meilleurs moments gastronomiques. On y trouve de plus en plus de restaurants de cuisine russe moderne d’un très haut niveau, et beaucoup de voyageurs rentrent chez eux en disant qu’ils ont mangé bien mieux que prévu. Le tout à des prix qui, quand on vient d’Europe occidentale, te paraîtront très raisonnables.
Quand je voyage dans un pays, la première chose que je veux savoir, c’est ce qu’on y mange et ce qu’on y boit, à quelle heure ouvrent les restaurants, combien on laisse de pourboire et quels produits locaux valent le détour. Je te parle de tout ça ici, en plus du type d’endroits que tu vas croiser : de la restauration rapide russe jusqu’à la haute cuisine.
2. Les habitudes des Russes à table
2.1. Quels repas font les Russes ?
La journée commence par le petit-déjeuner, le závtrak, qui se compose souvent de kasha (une bouillie de céréales au lait, de riz ou de semoule de blé) ou de pain beurré. Certains prennent un petit-déjeuner plus copieux, avec saucisses, œuf et pain.
Le repas principal est l’obied, à la mi-journée (à partir de 13h00). C’est le repas le plus consistant de la journée : entrée, plat principal et dessert.
Et le dîner, l’oujine, à partir de 19h00. Il est plus léger et ne comprend en général ni soupe ni dessert.
La plupart des plats s’accompagnent de pain de seigle. Les Russes adorent la crème aigre, la smetana, qui se glisse dans mille plats. En entrée, il y a presque toujours une soupe, et au dessert, du thé noir au citron (qu’ils boivent à toute heure) avec une douceur. Ils utilisent aussi beaucoup le tvorog, une sorte de fromage frais battu, blanc et onctueux, fait avec du lait de vache.
Et le caviar russe ? Il y en a deux : le rouge (de saumon) et le noir (de béluga, d’esturgeon ou de sevruga). Le meilleur et le plus cher est celui de béluga, et tu ne le verras que dans les restaurants de luxe ou les boutiques spécialisées. À la maison, on mange plutôt du caviar rouge, plus abordable, sur une tranche de pain blanc beurré. Il apparaît aussi dans des plats comme les blinis. Le noir, lui, est réservé aux grandes occasions (Nouvel An, fêtes…).
Si tu aimes fouiner du côté de la nourriture, les marchés gastronomiques valent vraiment la visite : le Danilovsky et l’Oussatchevsky, à Moscou, sont parfaits pour goûter fromages, charcuteries, miel, cornichons et caviar, et pour manger sur place à leurs stands de cuisine géorgienne, ouzbèke ou de fruits de mer.
3. Les plats typiques de la gastronomie russe
3.1. Les entrées : du borsch à la salade russe
Les soupes
Une chose très particulière chez les Russes : ils mangent de la soupe toute l’année. C’est presque toujours le premier plat, qu’il pleuve ou qu’il fasse chaud.
Ce sont des soupes consistantes, pensées pour l’hiver. L’une des plus célèbres est le chtchi, à base de pomme de terre, de chou et de viande. Et bien sûr le borsch, d’origine ukrainienne mais ultra-populaire en Russie, avec ses légumes et sa betterave qui lui donnent cette couleur rouge intense. Plus légères, il y a la solianka et l’oukha (soupe de poisson). Et en été, une soupe froide fait un carton, l’okrochka, avec légumes, pomme de terre et kvas.
La salade russe
Les salades ouvrent aussi le repas. Le plus drôle, c’est que la salade russe ne s’appelle pas comme ça là-bas : on la connaît sous le nom de salade Olivié (ou Olivier), du nom du chef d’origine française qui l’a popularisée. Elle manque rarement à la table du réveillon du Nouvel An.
Une autre très appréciée : le « hareng sous un manteau de fourrure », du hareng recouvert de couches de pomme de terre, betterave, carotte, œuf et mayonnaise.
3.2. Les plats principaux : du stroganoff aux blinis
Les viandes
Le stroganoff est l’un des plats les plus typiques et tu le trouves dans presque tous les restaurants : du bœuf en dés avec des champignons, de l’oignon et une sauce à la crème aigre, servi sur du riz ou des pâtes.
Le chachlik est une brochette de viande marinée très populaire en Russie, dans le Caucase et en Asie centrale. Son nom change selon le pays : mtsvadi en Géorgie, khorovats en Arménie. Dès qu’il fait beau, tu verras les Russes faire ces brochettes au barbecue dans les parcs. Ils sont aussi très friands de steaks et de viandes farcies.
Les poissons
Côté poisson, les Russes misent surtout sur le saumon, la truite, le hareng et le cabillaud, en général avec une garniture de pomme de terre (bouillie, frite ou en purée) et, parfois, une touche de smetana.
Et un incontournable de Saint-Pétersbourg : la koriouchka, un petit poisson typique des rivières du nord, comme la Neva. On le mange frit, légèrement pané, avec des sauces. Au printemps, toute la ville sent la koriouchka.
Pâtes et chaussons
Ces plats plaisent à tout le monde, enfants compris. Les premiers, ce sont les pelmeni, proches des raviolis, farcis à la viande (bœuf, porc ou agneau) et servis avec de la smetana ou du beurre. Sur les cartes en anglais, tu les verras sous le nom de dumplings. Leur version plus grande, avec d’autres farces (légumes, chou, pomme de terre, champignons, et même cerises pour les versions sucrées), ce sont les vareniki.
Les golubtsy, des feuilles de chou farcies, reviennent aussi souvent sur les cartes.
Et les chaussons : pirojki, pirogui ou koulebiaka. Ils peuvent être farcis au chou, à la viande, au poisson ou à la pomme de terre, mais aussi sucrés (confiture, pomme, prune). Il y en a de toutes les tailles, alors demande la garniture avant de commander.
Très populaires aussi, les blinis, une sorte de crêpes servies avec du beurre, de la smetana, de la confiture, du miel, du caviar rouge ou noir… ou farcies de viande, de jambon doux, de fromage, de pomme de terre, de champignons, de pomme ou de fraise.
Et un conseil : goûte le khatchapouri, le plat national de la Géorgie. C’est un pain façon pizza fourré au fromage (et parfois à l’œuf). Tu en trouveras partout et ça devient vite addictif. Je te parle davantage de la cuisine géorgienne dans la section restaurants, parce que c’est l’une des grandes surprises d’un voyage en Russie.
3.3. Les desserts
Les Russes raffolent du sucré, alors la variété de gâteaux et de desserts est énorme.
Les prianiki sont des sortes de pains d’épices, le plus souvent au miel, mais aussi au chocolat ou fourrés à la confiture. Les blinis, selon la garniture, font aussi office de dessert. La pomme au four cartonne, base de nombreux desserts comme le ptitchié moloko (« lait d’oiseau »). Autres classiques : la pastila (pâte de fruits), le kacha gouriev, le pain d’épices de Toula, le medovik (gâteau au miel et à la crème) et le Napoléon, une sorte de mille-feuille.
4. Les boissons en Russie : du kvas à la vodka
La première chose que je te recommande de goûter, c’est le kvas, une boisson fermentée à base de pain noir, très douce (autour de 1,2°) et très populaire. Il en existe aussi une version sans alcool et des versions aux fruits des bois. À une époque, on l’a surnommée la « Coca-Cola soviétique » pour sa couleur, son goût et sa mousse.
Le thé se boit à toute heure. Le traditionnel est le thé noir, en général avec du sucre et du citron, sans lait, bien chaud et accompagné d’une douceur.
Côté bière, la marque la plus connue est Baltika (Балтика), basée à Saint-Pétersbourg et leader du marché russe. Elle a longtemps appartenu au groupe danois Carlsberg, mais après le conflit en Ukraine, l’État russe a placé l’entreprise sous contrôle en 2023 et Carlsberg a fini par vendre sa participation fin 2024. Aujourd’hui, Baltika est à capitaux russes et reste numéro un du pays. Dans les restaurants, tu trouveras aussi des bières artisanales locales, de plus en plus réussies (les importées existent, mais reviennent plus cher).
Autre boisson très typique : le kéfir, un lait fermenté qui ressemble à un yaourt à boire.
Et la vodka ? Les Russes ne la mélangent pas et ne la servent pas avec des glaçons (mais la bouteille, elle, est bien fraîche). Elle se boit dans de petits verres et toujours accompagnée de nourriture : cornichons, hareng, quelque chose à grignoter.
Et c’est le vin qui a le plus changé. Le vin importé d’Europe reste sur les cartes, mais depuis 2022 il est plus cher et moins courant. En échange, le vin russe a fait un beau bond : les vignobles de la région de Krasnodar (Kouban) et de Crimée produisent des rouges, des blancs et des mousseux tout à fait corrects (le mousseux d’Abraou-Durso est le plus connu). Et, comme toujours, les vins géorgiens et arméniens sont une valeur sûre : faciles à trouver, pleins de caractère et à bon prix.
5. Où manger en Russie : types de restaurants et prix
Le choix du restaurant dépend beaucoup du budget. En Russie, tu peux manger très bien et pour pas cher dans les chaînes de restauration rapide russes ou dans les buffets, mais tu as aussi des tables de haute cuisine. Pour te donner une idée rapide, voici le tableau que j’utilise toujours quand on me pose la question. Prix approximatifs par personne, sans alcool, en roubles (le change tourne autour de 90-100 ₽ pour un euro, mais mieux vaut vérifier le cours du jour) :
| Type | Ce que tu trouves | Prix par personne |
|---|---|---|
| Restauration rapide russe | Blinis, pommes de terre garnies, pelmeni | 400 – 700 ₽ |
| Stolovayas et buffets | Cuisine russe maison façon soviétique | 500 – 1 000 ₽ |
| Substituts des chaînes internationales | Vkusno i Tochka, Rostic’s, Burger King | 350 – 600 ₽ |
| Gamme moyenne (géorgien, ouzbek…) | Cuisine du Caucase et de l’ex-URSS | 1 500 – 2 500 ₽ |
| Restaurants de charme | Cuisine russe moderne, cadre soigné | 2 500 – 5 000 ₽ |
| Haute cuisine | Menus dégustation, vues, chefs renommés | à partir de 5 000 ₽ |
Mon conseil : mélange les genres. Une stolovaya le midi un jour, un géorgien un autre soir et, si tu veux te faire plaisir, réserve un restaurant avec vue ou un classique de la cuisine russe.
5.1. Cinq choses pratiques avant d’aller manger
- Horaires. On déjeune de 12h00 à 16h00 et on dîne de 19h00 à 23h00. Les restaurants se remplissent vraiment vers 20h00. Beaucoup d’adresses du centre restent ouvertes toute la journée sans coupure.
- Langue. Les chaînes, les stolovayas et les restaurants du centre touristique ont une carte en anglais ; ceux de quartier, pas toujours. Dans une adresse de gamme moyenne ou haute, il y a en général au moins un serveur qui se débrouille. Et le traducteur du téléphone te sort de n’importe quel pétrin.
- Paiements. Tes cartes Visa et Mastercard ne fonctionnent plus en Russie depuis 2022. Il faudra prévoir des espèces (roubles) ou te procurer une carte russe MIR. Presque tous les restaurants acceptent les espèces sans souci, et les plus touristiques prennent aussi la MIR. Je t’explique tout dans l’article sur comment payer en Russie.
- Pourboire. L’usage est de laisser entre 5 et 10 % si le service t’a plu.
- Réservations. Dans les meilleures tables, il faut réserver à l’avance (surtout White Rabbit, Twins Garden ou Café Pouchkine). Je t’explique comment plus bas.
Un petit repère si l’alphabet te perd : ресторан (qui se lit « restoran ») veut dire « restaurant ».
5.2. Qu’est-il arrivé aux chaînes internationales ?
Après le conflit en Ukraine, beaucoup de chaînes occidentales sont parties. Mais attention : presque toutes ont rouvert aussitôt sous un nouveau nom, dans les mêmes locaux, avec le même personnel et quasiment la même carte. Voici ce que tu vas trouver :
- Vkusno i Tochka (Вкусно — и точка, « bon, point final »). Le remplaçant de McDonald’s. Mêmes locaux et carte presque identique : le « Big Hit » remplace le Big Mac. Menu complet, environ 350-500 ₽.
- Rostic’s. Le remplaçant de KFC. Mêmes ailes, même seau. Certains points de vente affichent encore l’enseigne KFC parce qu’ils restent en franchise.
- Stars Coffee. Le remplaçant de Starbucks, avec un logo vert et blanc qui lui ressemble énormément. Café moyen entre 250 et 400 ₽.
- Burger King et Subway. Ces deux-là gardent leur nom d’origine : les maisons mères voulaient partir, mais les franchisés locaux ont refusé, si bien qu’il reste des centaines d’enseignes dans tout le pays.
Mon avis sincère : si tu pars en Russie, ne perds pas ton temps dans ces chaînes. Tu as des options locales bien plus intéressantes pour le même prix.
5.3. Restauration rapide russe : Teremok et Kroshka Kartoshka
Si tu veux manger vite, pour pas cher et goûter quelque chose de vraiment russe, voici les deux chaînes à connaître. Tu les trouveras dans les zones centrales, dans les centres commerciaux et dans certaines stations de métro.
Teremok tourne autour des blinis, sucrés et salés : fromage, jambon, saumon, tvorog, fruits des bois, miel et même caviar. Il y a aussi des pelmeni, du borsch et de la salade Olivier. Carte en anglais et avec photos, très facile à commander. Un blini avec une boisson revient à 350-500 ₽ et un repas complet ne dépasse pas 700 ₽.
Kroshka Kartoshka (« petite patate ») part d’une idée toute simple : une grosse pomme de terre cuite en papillote, ouverte et garnie de ce que tu choisis (fromage fondu, champignons, viande, poulet, saumon, crevettes, herbes…). Ça cale, c’est bon marché et très russe. Il y a aussi des soupes et des salades. Une pomme de terre garnie avec une boisson tourne autour de 400-600 ₽.
5.4. Stolovayas et buffets : manger pas cher et comme un local
Les stolovayas (столовая, « cantine » en russe) sont la meilleure façon de manger une cuisine russe maison sans dépenser ni parler la langue. Elles fonctionnent en self-service : tu prends ton plateau, tu pointes ce que tu veux, tu paies à la fin et tu t’assois. Pas de carte à déchiffrer, la nourriture est sous tes yeux.
Trois adresses que je te recommande :
Stolovaya 57 se trouve à l’intérieur du GOUM, sur la Place Rouge elle-même (troisième étage). Esthétique soviétique à fond : affiches d’époque, comptoirs en acier et cuisine maison (borsch, salade Olivier, hareng sous la fourrure, escalope russe, poulet à la Kiev, pelmeni, kompot…). Un repas complet avec boisson et dessert revient à 600-900 ₽. Au même étage, tu as le Café Festivalnoye, autre option très bon marché.
Mu Mu (Му-Му) est la chaîne de buffets la plus répandue. Tu la reconnais tout de suite à la vache noir et blanc à l’entrée. Ça fonctionne comme une stolovaya, mais en plus moderne et plus propre, avec tous les classiques russes (soupes, salades, viandes, pelmeni, vareniki). Un repas tourne autour de 600-900 ₽ et il y a des adresses partout dans le centre, y compris sur l’Arbat.
Grabli (Грабли, « râteau ») est sans doute le buffet au meilleur rapport qualité-prix de Moscou. Les établissements sont plus soignés que ceux de Mu Mu, avec des coins pâtes, wok, salades, soupes, grillades et desserts, et la cuisine est mieux faite. Ici, compte 800-1 200 ₽ pour un repas complet.
5.5. Cuisine géorgienne et du Caucase : la grande surprise
Si je devais choisir un seul type de restaurant en Russie en dehors des russes, ce serait sans hésiter le géorgien. C’est ma recommandation numéro un pour presque tous les voyageurs : une cuisine pleine de saveurs, généreuse, pensée pour partager et à très bon prix. Et il y en a partout.
Voici les plats à ne pas manquer :
- Khatchapouri (хачапури). Un pain fourré au fromage fondu. La version la plus célèbre est l’adjarouli, en forme de barque avec un œuf cru au centre qui se mélange au beurre et au fromage chaud. Très photogénique et très rassasiant.
- Khinkali (хинкали). De grosses bouchées farcies de viande épicée et de bouillon. On les mange à la main : une morsure pour aspirer le bouillon, puis le reste. Ne les coupe jamais au couteau et à la fourchette, pour un Géorgien c’est un sacrilège.
- Badridjani. Des rouleaux d’aubergine farcis à la pâte de noix, à l’ail et aux herbes, avec des grains de grenade par-dessus. Frais et très parfumé.
- Lobio. Un ragoût de haricots rouges aux épices, servi avec du pain de maïs mtchadi.
- Chachlik ou mtsvadi. Des brochettes de viande marinée grillée.
Presque tous les géorgiens ont une carte en anglais, une ambiance chaleureuse et reviennent à 1 500-2 500 ₽ par personne si vous partagez les plats. Une chaîne fiable et bon marché, c’est Khachapuri, avec plusieurs adresses dans le centre. Et dans le quartier de l’Arbat, tu as le classique Genatsvale, décoré comme un village géorgien et célèbre depuis des décennies.
Au-delà du géorgien, tu trouveras aussi en Russie beaucoup de restaurants ouzbeks (plov ou riz ouzbek, samsa, lagman) et arméniens (dolma, brochettes, lavash tout juste sorti du four). Si tu aimes la cuisine épicée et la viande grillée, c’est un pari formidable. Et si tu voyages à Kazan, là-bas la cuisine cesse d’être russe pour devenir tatare, tout un monde à part.
5.6. Haute cuisine et cuisine russe moderne
On monte d’un cran. Ces dix dernières années, Moscou a vécu une véritable révolution gastronomique et compte aujourd’hui des restaurants qui ont figuré parmi les meilleurs du monde.
Y a-t-il des étoiles Michelin en Russie ? La réponse demande quelques nuances. Michelin est arrivé à Moscou en 2021 et a publié un premier (et unique) guide avec 69 restaurants, dont 9 ont décroché une étoile. En mars 2022, le guide a suspendu son activité en Russie et ne l’a jamais remise à jour : il n’existe donc aujourd’hui aucune sélection Michelin en vigueur. Même histoire avec le classement The World’s 50 Best, où le White Rabbit a même été 13e mondial (2019) et qui a cessé d’inclure des restaurants russes après 2021. Est-ce que ça veut dire qu’on ne mange plus luxueusement à Moscou ? Pas du tout : les grandes tables restent ouvertes et à un très haut niveau. Voici mes recommandations si tu veux te faire plaisir :
Café Pouchkine. Probablement le restaurant le plus photographié de Moscou. Il est sur le boulevard Tverskoï, décoré comme un hôtel particulier aristocratique du XIXe siècle (avec sa fameuse pharmacie-bibliothèque au rez-de-chaussée) et ouvre 24h/24. Cuisine russe classique de haut niveau : blinis au caviar, borsch au bœuf, pelmeni, canard aux pommes, vareniki… Le midi, le menu est plus abordable (environ 2 500-3 500 ₽) ; le soir, à la carte, tu grimpes facilement à 4 500-6 000 ₽. Réserve quelques jours à l’avance.
White Rabbit. Au 16e étage du centre commercial Smolensky Passage, près de la place Smolenskaïa, sous une coupole de verre avec une vue à 360° sur Moscou. Le chef Vladimir Moukhine remet au goût du jour des ingrédients et des techniques russes oubliés. Le restaurant est resté plusieurs années parmi les 50 meilleurs du monde (13e en 2019). Menu dégustation ou à la carte ; le dîner tourne autour de 7 000-9 000 ₽ sans alcool. Réserve plusieurs jours à l’avance, surtout si tu veux une table près de la verrière au coucher du soleil.
Twins Garden. Le projet des jumeaux Ivan et Sergueï Berezoutski (sur le boulevard Strastnoï) a eu jusqu’à deux étoiles Michelin avant que le guide ne suspende son édition russe. Ils travaillent « de la graine à l’assiette » : 70 % des produits viennent de leur propre ferme à Kalouga. Uniquement en menu dégustation, environ 9 500-12 000 ₽ par personne, avec l’une des plus belles cartes de vins de Russie. Si tu cherches une vraie expérience gastronomique, c’est mon premier choix.
Beluga. Au rez-de-chaussée du GOUM, c’est l’endroit pour goûter le caviar russe bien servi. La carte de cuisine russe est large, mais tout l’intérêt est dans le caviar et ses accords avec la vodka. Une dégustation de 15 g de caviar de saumon avec vodka tourne autour de 800-1 000 ₽ ; si tu passes à l’esturgeon, le prix grimpe nettement (3 500-7 000 ₽ les 15 g, selon le type). C’est la façon la plus simple de vivre le rituel classique caviar-vodka sans entrer dans un restaurant de grand luxe.
Dr. Jivago. Juste en face du Kremlin, dans l’hôtel National. Déco aux clins d’œil soviétiques des années 30-50 et une carte russe très bien tenue : borsch, pelmeni, stroganoff, poulet à la Kiev, blinis au caviar. Ouvert 24h/24, on y mange pour environ 3 000-4 500 ₽. C’est une recommandation « facile » : cadre soigné, bonne cuisine, emplacement imbattable et toujours plein de touristes et de locaux.
D’autres noms que tu verras revenir dans tous les classements actuels : Selfie (cuisine d’auteur, quartier Novinsky), Sakhalin (spécialiste des fruits de mer, avec vue sur la Moskova), Sixty (dans la tour Federazia de Moscow City, vue spectaculaire depuis 256 m) ainsi que Turandot et Bolchoï (déco palatiale, du côté de la Tverskaïa).
5.7. Où manger près des principales attractions
Bien souvent, on choisit son restaurant en fonction de ce qu’on est en train de visiter. Ce qui se trouve juste à côté du monument n’offre pas toujours le meilleur rapport qualité-prix, alors ça vaut parfois la peine de marcher un peu. Voici mes recommandations par quartier à Moscou et à Saint-Pétersbourg.
Moscou
Si tu es sur la Place Rouge, au Kremlin ou à la cathédrale Saint-Basile, le GOUM te propose trois niveaux de prix sous un même toit : la Stolovaya 57 (bon marché), le Beluga Caviar Bar (plaisir caviar-vodka) et le Bosco Fresh Bar, au rez-de-chaussée, avec une terrasse donnant sur la Place Rouge (cuisine italienne et russe).
Juste à côté, sous les jardins Alexandre, se trouve le centre commercial souterrain Okhotny Riad. Beaucoup de touristes passent à côté sans le voir, mais il a une bonne aire de restauration à des prix plus abordables que le GOUM : chaînes de restauration rapide russe (Teremok, Kroshka Kartoshka), buffets (Mu Mu) et restaurants italiens et asiatiques.
Sur la rue Arbat, l’offre est immense : chaînes russes et américaines, buffets, et beaucoup de restaurants géorgiens et arméniens. Tu y trouves le Genatsvale déjà cité (géorgien) et, si tu cherches le luxe, le White Rabbit est tout près, sur la place Smolenskaïa.
À Moscow City, au milieu des gratte-ciel, tu manges avec les plus belles vues de la ville : le Ruski (cuisine russe) et le Sixty (vue depuis 256 m) sont les options les plus élégantes.
Dans d’autres zones touristiques (la galerie Tretiakov, Novodievitchi ou VDNH), tu as des cafés et des restaurants corrects. Mon conseil : ouvre Yandex Maps ou 2GIS sur le moment et filtre par note, c’est ce qui marche vraiment en Russie.
Saint-Pétersbourg
Dans le centre (quartier de l’Ermitage, perspective Nevski et cathédrales), en plus de Teremok et Kroshka Kartoshka, tu as la Stolovaya n°1, parmi le moins cher que tu trouveras (Nevski 13/19, près de l’Ermitage et de la cathédrale Saint-Isaac). Buffet façon cantine, cuisine russe et d’Europe centrale ; on y mange pour environ 500-900 ₽. Pour quelque chose de plus spécial, le Stroganoff Steak House est un grill immense et très soigné du côté de Saint-Isaac, et le Mari Vanna (groupe Ginza) est une adresse pleine de charme, décorée comme un appartement soviétique très kitsch, avec une bonne cuisine russe maison.
À la forteresse Pierre-et-Paul, il y a des cafés et des kiosques dans l’enceinte, mais la meilleure option est le restaurant Koryushka (groupe Ginza), sur l’île aux Lièvres elle-même, près de la plage de sable. Spacieux, avec de belles vues et des réservations en ligne sur son site ; on y mange pour environ 2 000 ₽ en moyenne. Et comme son nom l’indique, c’est un bon endroit pour goûter la koriouchka frite.
À Peterhof, il y a des cafés et des stands de restauration rapide dans les jardins ; pour mieux manger, il faudra sortir de l’enceinte (attention : si tu sors du parc supérieur, tu ne pourras pas y revenir avec le même billet). Et au palais de Catherine (Pouchkine), en plus du café du palais, tu as tout près le Podvorye, un restaurant de cuisine russe installé dans une isba en bois, très authentique (quoique touristique) et au bon rapport qualité-prix.
Pour tout le reste, Yandex Maps et 2GIS sont tes meilleurs alliés en Russie : ils sont bien plus à jour que Google Maps sur le terrain et t’indiquent les horaires, les notes et les prix moyens.
5.8. Comment réserver un restaurant en Russie
Dans les meilleures tables (White Rabbit, Twins Garden, Café Pouchkine, Beluga, Sixty…), mieux vaut réserver plusieurs jours à l’avance, surtout le week-end et si tu veux une table avec vue. Il y a trois façons de faire : via ton hôtel, sur le site du restaurant ou via Yandex Maps. Je t’explique pas à pas dans l’article sur comment réserver un restaurant à Moscou ou à Saint-Pétersbourg.
Questions fréquentes sur la gastronomie russe
Les cartes Visa ou Mastercard fonctionnent-elles dans les restaurants en Russie ?
Non. Depuis 2022, les cartes étrangères Visa et Mastercard ne fonctionnent plus en Russie. Tu devras payer en espèces (roubles) ou avec une carte russe MIR. Presque tous les restaurants acceptent les espèces sans souci et les plus touristiques prennent aussi la MIR.
Y a-t-il encore des McDonald’s, KFC ou Starbucks en Russie ?
Pas sous ces noms. Ils sont partis en 2022 et ont rouvert sous les enseignes Vkusno i Tochka (McDonald’s), Rostic’s (KFC) et Stars Coffee (Starbucks), dans les mêmes locaux et avec des cartes très proches. Burger King et Subway, eux, continuent sous leur nom d’origine.
Combien coûte un repas en Russie ?
Ça dépend de l’endroit. Dans une stolovaya ou une chaîne de restauration rapide russe, tu manges pour 500 à 1 000 roubles par personne. Dans un restaurant de gamme moyenne (géorgien, ouzbek ou russe de quartier), compte 1 500 à 2 500 roubles sans alcool. Dans les meilleures tables, le dîner démarre autour de 5 000 roubles.
Existe-t-il un guide Michelin en Russie ?
Michelin a publié son premier et unique guide de Moscou en 2021, avec neuf restaurants étoilés, mais a suspendu son activité en Russie en 2022 et ne l’a jamais remise à jour. Il n’existe donc aujourd’hui aucune sélection Michelin en vigueur, même si les grandes tables qui y figuraient restent ouvertes et à très bon niveau.
Parle-t-on anglais dans les restaurants russes ?
Dans ceux du centre touristique, dans les chaînes et dans beaucoup de géorgiens, oui. Dans les stolovayas et les restaurants de quartier, pas toujours. Le traducteur du téléphone règle presque toutes les situations.




