Eric habite en région parisienne, à Champs-sur-Marne. Il y a deux ans, il a commencé à discuter sur internet avec une jeune femme qui vit à Krasnoïarsk, en Sibérie centrale, et fin 2025 ils ont décidé de se rencontrer. En mars 2026, il a donc fait son premier voyage en Russie : trois vols à la suite pour l’aller, une valise perdue à Istanbul, deux heures de contrôle à l’immigration de Moscou et, au bout du compte, deux semaines à –20 °C dans une ville que très peu de voyageurs français connaissent.
Son récit est précieux parce qu’il sort complètement du circuit Moscou–Saint-Pétersbourg : il raconte comment on organise un voyage vers une ville de Sibérie quand on ne parle pas russe, ce que ça coûte, comment on paie et avec quelles applications on se débrouille. Si tu prépares un voyage dans cette région, il complète bien celui de Céline, qui va régulièrement à Irkoutsk, et celui de Laurent, entre Iekaterinbourg, Irkoutsk et le Baïkal.
Ce qui suit est le récit d’Eric, avec ses conseils et ses propres photos. J’ai mis en forme son texte pour qu’il se lise tranquillement, mais tout ce qu’il raconte est à lui. Merci, Eric, de l’avoir partagé.
Le voyage d’Eric en un coup d’œil
| Voyageur | Eric, de Champs-sur-Marne (région parisienne) |
| Quand | Mars 2026 |
| Où | Krasnoïarsk (Sibérie centrale) |
| Entrée en Russie | Visa électronique (eVisa) |
| Aller | Paris → Istanbul → Moscou → Krasnoïarsk (3 vols à la suite) |
| Retour | Krasnoïarsk → Saint-Pétersbourg → Istanbul → Paris |
| Compagnies | Turkish Airlines et Aeroflot |
| Argent | Euros en espèces, changés sur place contre des roubles |
| Téléphone et internet | Pas d’eSIM achetée : applications russes et wifi ont suffi ; Telegram pour appeler la France |
| Météo | Souvent –20 °C en mars |
| Les accrocs | Valise perdue à Istanbul et deux heures de contrôle à l’immigration de Moscou |
L’itinéraire d’Eric sur la carte
Tracé approximatif du voyage d’Eric : en trait plein l’aller (Paris – Istanbul – Moscou – Krasnoïarsk), en pointillés le retour via Saint-Pétersbourg.
Comment ce voyage a commencé
Il y a deux ans, j’ai commencé à discuter avec une fille sur internet et nous sommes devenus amis. J’habite en région parisienne, elle habite à Krasnoïarsk, et fin 2025 nous avons décidé de nous voir. J’ai donc cherché un vol et je me suis renseigné sur les documents nécessaires.
Les papiers : passeport et visa électronique
J’ai dû faire mon passeport et obtenir un visa électronique. Je n’ai eu aucune difficulté pour obtenir les documents, tout simplement parce que je m’y suis pris tôt. C’est le conseil le plus banal du monde, mais c’est celui qui m’a évité tous les problèmes : quand on anticipe, il n’y a rien de compliqué dans ces démarches.
Trouver les vols : Paris, Istanbul, Moscou, Krasnoïarsk
Le plus difficile a été de trouver une combinaison d’avions pour que le voyage ne dure pas trop longtemps. Pour chercher, j’ai utilisé un comparateur russe, mais il faut savoir que payer un vol russe avec une carte étrangère demande quelques précautions.

Pour l’aller, j’ai fini par prendre trois avions à la suite : Paris → Istanbul → Moscou → Krasnoïarsk. J’ai voyagé avec Turkish Airlines puis avec Aeroflot.

Valise perdue à Istanbul, deux heures d’immigration à Moscou
À Istanbul, ils ont perdu ma valise et j’ai failli rater mon vol pour Moscou. À Moscou, l’immigration m’a retenu deux heures et j’ai failli rater mon vol pour Krasnoïarsk. Mais j’y suis arrivé.

Si tu enchaînes plusieurs vols comme moi, garde en tête que le vol intérieur russe est le maillon le plus fragile de la chaîne : c’est celui qu’on rate quand quelque chose se passe mal en amont. Il faut aussi savoir que de nouvelles règles s’appliquent aux vols en Russie depuis mars 2026.
L’argent : des euros en liquide, changés sur place
J’avais emmené des euros en liquide que j’ai échangés contre des roubles une fois sur place. Ça a très bien fonctionné et je n’ai pas eu de mauvaise surprise.
Les prix sont vraiment bas par rapport à la France, même s’il y a eu de l’inflation ces dernières années. C’est l’une des choses qui frappent quand on arrive.
Krasnoïarsk, une ville intéressante avec des habitants très agréables
Krasnoïarsk est une ville intéressante et ses habitants sont très agréables. Ce n’est pas une destination touristique au sens où on l’entend en Europe : on s’y promène, on regarde la ville vivre, on entre dans les églises, on longe l’Ienisseï.



Le reste de la ville, c’est un mélange d’immeubles soviétiques, de façades à colonnes et de rues très ordinaires où l’on trouve un café au pied de chaque immeuble.


Personne ne parle anglais, et encore moins français
Je n’ai rencontré aucun Russe qui parlait anglais, et encore moins français. J’ai donc dû me débrouiller avec le peu de russe que je connaissais et avec un traducteur automatique. Ça marche : ce n’est pas confortable, mais ça marche, et les gens font des efforts pour se faire comprendre.
–20 °C en mars : on s’y habitue
En mars, il fait souvent –20 °C et il faut vraiment bien s’habiller avant de sortir. Mais on s’y habitue, et ce n’est pas si désagréable quand il y a du soleil. Si tu pars en hiver, la question des vêtements est la première à régler : j’ai vu passer la liste de ce qu’il faut mettre dans sa valise et elle est loin d’être superflue.

Le téléphone : des applications russes et pas d’eSIM
J’ai beaucoup utilisé les applications russes sur mon smartphone : Yandex Translate pour traduire, Yandex Go pour les taxis, 2GIS et Yandex Maps pour me repérer. Elles fonctionnent très bien et, entre elles et le wifi, je n’ai pas eu besoin d’acheter une eSIM. Ça dépend beaucoup de ton usage, mais dans mon cas ça n’a pas manqué.
En revanche, pour communiquer avec ma famille et mes amis en France, je passais par Telegram, parce que les applications qu’on utilise habituellement en France fonctionnent mal ou pas du tout.

La cuisine, les promenades et le cheval qu’on n’a pas pu faire
J’ai beaucoup aimé la cuisine russe, au point de refaire quelques recettes simples moi-même.
Mon amie travaillait et ne pouvait pas être souvent avec moi la journée. Mais on a quand même passé de très bons moments ensemble. J’ai beaucoup aimé nos promenades et les différentes activités qu’on a faites. On voulait faire du cheval, mais le sol était trop gelé pour les sabots, donc on n’a pas pu.


Le retour par Saint-Pétersbourg
Pour le retour, j’ai procédé comme pour l’aller, sauf que je suis passé par Saint-Pétersbourg à la place de Moscou. Et là, je n’ai eu aucun problème.

On a décollé de Krasnoïarsk par mauvais temps. Un avion qui décolle ou atterrit sur une piste gelée pendant une tempête, ça reste impressionnant. Mais après ça, vous n’aurez plus jamais peur en avion.
Ce que je retiens de la Sibérie
Chez les Russes, et particulièrement en Sibérie, la culture est très différente de la nôtre. Mais les Russes deviennent très vite sympathiques, et particulièrement avec les Français.
La prochaine fois, je pense que ce sera mon amie qui viendra me rendre visite en France. Mais j’ai beaucoup aimé mon voyage et j’y retournerai sans aucun doute.
Et à Paris, on trouve des épiceries russes ou des pays de l’Est. J’y vais parfois pour acheter des spécialités russes : il y a plein de plats délicieux.
Tu as voyagé en Russie récemment et tu veux partager ton expérience ? Raconte-moi ton voyage ici et je le publierai dans cette rubrique, avec ton nom ou de façon anonyme, comme tu préfères. Ce sont les récits comme celui d’Eric qui aident vraiment ceux qui préparent leur voyage.






