Moscou-Vladivostok d’une traite : 7 jours dans le Transsibérien, le récit de Guy
Par Irena Domingo
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Guy vit à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, et il a fait en mars 2026 ce dont beaucoup rêvent sans jamais s’y mettre : Moscou-Vladivostok en Transsibérien, 7 jours et 7 nuits d’une traite, sans descendre du train, pour attraper le ferry vers la Corée du Sud et continuer jusqu’au Japon.
Son récit est précieux pour deux raisons. D’abord parce qu’il a failli ne jamais partir : son itinéraire initial passait par la Biélorussie, et il a découvert une semaine avant le départ que son visa électronique n’était pas valable pour entrer en Russie depuis Minsk. Ensuite parce qu’il raconte, sans romantisme et sans se plaindre, ce qu’on fait pendant sept jours dans une cabine de quatre. Si tu veux comparer avec un autre style de voyage, lis aussi le récit de Philippe, qui a mis trois semaines à faire le même trajet en s’arrêtant en route.
Les données du voyage de Guy
| Voyageur | Guy, de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) |
| Dates | Mars 2026 |
| Entrée en Russie | Visa électronique (eVisa), par avion : Marseille – Istanbul – Moscou |
| Itinéraire en Russie | Moscou → Vladivostok en Transsibérien, sans descendre en route |
| Durée du trajet en train | 7 jours et 7 nuits, départ de la gare de Iaroslavl à 1 h du matin |
| Classe | Koupé (cabine de quatre couchettes) |
| Billet de train | 430 €, payés depuis la France avant le départ |
| Hébergement | Minima Kitay Gorod à Moscou · KamInn à Vladivostok (5 000 ₽) |
| Argent emporté | 600 € en liquide (train et hôtels déjà payés depuis la France) |
| Internet | Carte SIM locale (data seulement) achetée en gare : 1 000 ₽ pour un mois |
| La suite | Ferry Vladivostok → Corée du Sud (environ 300 €), puis le Japon |
Le parcours de Guy sur la carte
Tracé approximatif : vol Marseille – Istanbul – Moscou (pointillés), puis le Transsibérien Moscou – Vladivostok (trait plein).
Ce qui suit est le récit de Guy, avec ses conseils et ses propres photos. Merci, Guy, de l’avoir partagé.
Une idée brillante… qui ne fonctionnait pas
J’ai commencé à préparer mon voyage en décembre 2025, avec le guide Russiable comme point de départ. Première étape : la demande de visa électronique, obtenu en trois ou quatre jours. Rien à signaler, ça a été la partie facile.
Pour rejoindre Moscou, j’avais eu ce que je croyais être une idée brillante : vol jusqu’à Vilnius en Lituanie, bus vers Minsk en Biélorussie, puis train Minsk-Moscou. Tout était réservé et payé, hôtels compris. Tout roulait… jusqu’à ce que, une semaine avant le départ, je contacte l’ambassade de Biélorussie et j’apprenne qu’il n’est pas possible d’entrer en Russie depuis la Biélorussie avec un e-visa. J’ai tout annulé et racheté un autre voyage : Marseille – Istanbul – Moscou. Les hôtels réservés sur Booking, le bus et le train m’ont été remboursés.
Avant de partir, j’avais déjà réservé et payé le Transsibérien depuis la France : 430 € le Moscou-Vladivostok sans descendre, acheté en ligne avec ma carte française. Mon but était d’arriver à temps à Vladivostok pour attraper le ferry vers la Corée du Sud, puis le Japon. Pour les hôtels en Russie, j’ai utilisé l’application Ostrovok : site en français, paiement par carte bancaire depuis la France, et une architecture qui ressemble beaucoup à celle de Booking.
Côté budget, comme le train et les hôtels étaient déjà payés, je n’avais pas de grosses dépenses à prévoir : 600 € en liquide ont suffi pour tout le séjour, ferry compris (celui-ci est assez cher, environ 300 €).
Moscou : un hôtel simple, une consigne à bagages et pas d’internet
À Moscou, j’ai logé à l’hôtel Minima Kitay Gorod. Simple et sympathique, et surtout à dix minutes à pied de la place Rouge et tout près du métro.

Une astuce pour la journée d’attente avant le train : ne pas utiliser les consignes à bagages situées à l’intérieur de la gare. Elles sont compliquées à faire fonctionner, tout est écrit en russe, et je crois qu’il faut payer par carte. Sur le trottoir d’en face, il y a un bureau de tabac qui fait consigne dans son arrière-boutique : 500 roubles pour 24 heures, et l’affaire est réglée.
À la période où j’étais à Moscou, les coupures d’internet étaient très fréquentes, y compris depuis les hôtels, où ça ne fonctionnait pas très bien. Portable et carte bancaire rangés : que du bonheur.
Portable rangé, oui, mais à la gare il y avait un petit kiosque éphémère tenu par deux étudiants qui proposaient des cartes SIM à 1 000 roubles, valables un mois. Data seulement. J’en ai pris une et, finalement, j’ai réussi à envoyer des mails chaque jour : ça a fonctionné correctement. Pas de traducteur, bien sûr, mais comme je ne parle pas russe, un petit lexique papier a largement suffi pour mon usage.

Départ à 1 h du matin, gare de Iaroslavl
Le train est parti à une heure du matin, le 17 mars, de la gare de Iaroslavl. Avant de partir, j’avais beaucoup lu et regardé des vidéos : certains voyageurs préfèrent voyager en troisième classe, il paraît que c’est mieux, qu’on y rencontre les Russes, etc. Mais de toute façon, la barrière de la langue est là. J’ai opté pour une cabine de quatre, le koupé.

Finalement, sur les sept jours passés à bord, la plupart des voyageurs ne restaient que 24 heures. Un seul, monté à Moscou avec moi, est resté cinq jours. On est loin du grand huis clos qu’on imagine.
Sept jours de neige derrière la vitre
En mars, la Russie est sous la neige et les paysages sont magnifiques. C’est vraiment la saison qui m’a le plus marqué : des heures et des heures de blanc, de forêts, de villages et de rivières gelées.



Mon seul regret : le train que j’ai pris passe de nuit le long du lac Baïkal. Sept jours de train pour rater précisément le morceau que tout le monde attend, ça se joue à quelques heures d’horaire.
Les arrêts : fumeurs sur le quai et ravitaillement
Le train s’arrête souvent. Les fumeurs se ruent sur les quais dès que les portes s’ouvrent. Lors des arrêts longs, parfois près d’une heure, tu as le temps de sortir de la gare et d’aller acheter de la nourriture.




Manger à bord : le wagon-restaurant m’a sauvé
Les Russes montent dans le train chargés de sacs de nourriture. Moi, en novice, j’avais acheté de quoi tenir 24 heures à la gare. Autant dire pas grand-chose pour sept jours.

Heureusement, il y a un wagon-restaurant, avec un menu du jour à un prix très correct : environ 6 €. Dans les grandes gares, il existe aussi des vendeurs à la sauvette qui proposent beaucoup de choses, mais l’aliment roi reste le bol chinois de nouilles lyophilisées. J’ai vu quelques vendeurs de poissons séchés plus à l’est, aux alentours du lac Baïkal.

Sept jours de train, ça fait peur ? Pas tant que ça
Pour certains, sept jours de train, ça peut faire peur. J’avoue qu’il faut s’occuper. Mais après un jour ou deux, tu prends une routine agréable : le thé, la fenêtre, les arrêts, les repas, les gens qui montent et qui descendent. Le temps passe autrement.

Au bout du train : Vladivostok
Au bout du train, la magnifique ville de Vladivostok. J’ai trouvé une ville dynamique et intéressante. J’ai logé à l’hôtel KamInn, refait à neuf, dans un quartier central, pour 5 000 roubles. Après sept nuits dans le train, c’est bon.
Quelques jours plus tard, je prenais le ferry vers la Corée du Sud.
Tu as voyagé en Russie récemment et tu veux raconter ton expérience ? Raconte-moi ton voyage ici et je le publierai dans cette section, avec ton nom ou de façon anonyme, comme tu préfères. Les récits comme celui de Guy sont ceux qui aident vraiment les personnes en train de préparer leur voyage.
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Irena DomingoA propos
Je suis née en Russie. J'ai grandi entre deux mondes : mon père était russe, ma mère espagnole, descendante des « Niños de Rusia », les enfants basques évacués en URSS pendant la Guerre Civile espagnole. J'ai travaillé pendant plus de 30 ans comme traductrice, interprète et professeure de russe, et depuis 2013 j'écris ce blog pour aider les voyageurs à découvrir la Russie avec des informations pratiques et toujours à jour. Auteure du Guide Russiable. Si ce blog vous a aidé à préparer votre voyage, vous pouvez m'offrir un café ❤️.
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