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    Guide 2026

    En van avec sa chienne-loup, de Saint-Pétersbourg à la Volga : la chronique de Fabrice

    Par Irena Domingo
    Mis à jour le

    Dans cet article

    Fabrice est parti de France le 17 juillet 2026 dans un van aménagé Volkswagen LT de 1980, avec Era, sa chienne-loup tchécoslovaque, et un visa double entrée. Il est entré en Russie le 10 août par la Lettonie et, quand il m’a écrit début octobre, il était à Volgograd, après être passé par Saint-Pétersbourg, Moscou, Kazan, l’Oural et la Volga, presque toujours en bivouac au bord des lacs et des rivières. Sa chronique est l’une des plus complètes que j’aie reçues sur la Russie par la route : le visa, les papiers du chien, les rendez-vous à la frontière lettone, l’argent liquide, la carte MIR, et surtout le vrai casse-tête d’internet et du GPS quand on voyage en van.

    Si vous préparez un voyage avec votre propre véhicule, lisez aussi la chronique de Mirko, entré en camping-car par l’Estonie, et le récit de Miki, parti en voiture en plein hiver.

    Ce qui suit est le récit de Fabrice, avec ses propres mots et ses photos. Merci, Fabrice, de l’avoir partagé.

    Un vieux van Volkswagen LT aménagé garé au bord d'un lac en Russie, sous un ciel de coucher de soleil
    « Le Zigue », le van de Fabrice, en bivouac au bord d’un lac. Photo : Fabrice

    Le voyage en bref

    VoyageurFabrice, avec Era, sa chienne-loup tchécoslovaque
    QuandEn Russie depuis le 10 août 2026 (parti de France le 17 juillet), encore sur la route en octobre
    VéhiculeVan aménagé Volkswagen LT 35 de 1980, roues jumelées, propulsion, diesel, 5 m ; bivouacs presque toujours hors camping
    VisaVisa traditionnel double entrée, demandé à Marseille ; environ 650 € de frais au total avec assurances et voucher
    FrontièresLettonie : Grebneva – Ubylinka, puis Terehova – Burachki, avec rendez-vous en ligne ; de 6 h 30 à 9 h 30 par traversée
    ItinéraireSaint-Pétersbourg – lac Ladoga – Novgorod – Moscou – Vladimir – Souzdal – Nijni Novgorod – Kazan – Ijevsk – Perm – Iekaterinbourg – Oural du Sud – Orenbourg – Samara – Saratov – Volgograd
    Argent14 000 $ en liquide, déclarés à chaque frontière ; carte MIR de T-Bank rechargée en dollars aux distributeurs
    InternetFree MAX quasi inutilisable ; carte SIM MTS achetée par un Russe, avec un boîtier wifi de poche
    VPNFree et Proton ne marchent pas ; FIXPRICE VPN avec l’application Happ fonctionne
    NavigationYandex Maps, malgré le brouillage du GPS
    Suite prévueAstrakhan, Elista, le Caucase et la Géorgie

    L’itinéraire de Fabrice

    Le parcours de Fabrice en Russie, de la frontière lettone à Volgograd (trait plein), et la suite prévue vers le Caucase et la Géorgie (pointillés). Tracé approximatif.

    Le voyage et le parcours

    Je suis en Russie depuis le 10 août et mon visa double entrée/sortie expire le 29 octobre. Je voyage avec ma louve-chienne tchécoslovaque Era, dans un vieux, mais très joli van aménagé de 1980 (Volkswagen LT 35 / roues jumelées / propulsion / pneus neige-boue / diesel / 5 m de long). Je fais ces précisions, car je peux passer presque partout sur des pistes et ne dors quasiment jamais dans des campings officiels. Mes bivouacs sont les bords de rivières, lacs, mers, montagnes, etc. Je suis parti de France le 17 juillet et on est le 5 octobre 2026.

    Je comptais aller jusqu’à Vladivostok, puis revenir par la Chine ou le Japon, mais trop cher, trop loin, trop compliqué… Et trop monotone pour revenir par le même chemin sur 10 000 km. J’ai ensuite pris l’option d’aller jusqu’au Baïkal, puis de revenir en Europe occidentale par la route de la soie : Mongolie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Turkménistan, Iran, Turquie, etc. Mais pas de frontière directe entre Mongolie et Kazakhstan, dernière entrée sur territoire russe possible, et pas possible de voyager avec un chien en Iran et au Turkménistan (sans parler de la situation actuelle).

    Je décide d’aller au moins jusqu’en Asie et traverser l’Oural jusqu’à Iekaterinbourg, puis rejoindre le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et revenir en Russie pour passer par la Géorgie ensuite… Mais, j’en parle plus après, je fais un retour en Lettonie, reviens en Russie, et ne peux plus faire une nouvelle entrée en Russie ensuite. On ne peut pas traverser la frontière Kazakhstan >> Russie sans un visa papier. Pas d’eVisa par la route depuis le Kazakhstan (ok en avion). Je décide donc d’aller jusqu’à Iekaterinbourg et de revenir ensuite par la Géorgie.

    Voici mon parcours, jusqu’à ce jour : France > Italie > Autriche > Tchéquie > Pologne > Lituanie > Lettonie >> Russie. Saint-Pétersbourg >> lac Ladoga en Carélie >> Saint-Pétersbourg >> Novgorod >> Moscou >> Lettonie >> Moscou >> Vladimir >> Souzdal >> Nijni Novgorod >> Kazan >> lac de Kouïbychev >> lac près d’Ijevsk >> monastère Saint-Nicolas de Belogorsk près de Perm >> Iekaterinbourg >> lac Tourgoïak >> parc national Taganaï >> lac Zioratkoul >> lac Ourgounovo >> Orenbourg >> Samara >> grotte de Chiriaïevo près de Togliatti >> Saratov >> falaises Stepan Razine sur la Volga >> Volgograd. Et si la route se poursuit sans encombre : Astrakhan >> Elista >> montagnes du Caucase et Géorgie ensuite.

    Je vais essayer le plus clairement et synthétiquement de faire un topo sur chaque point clé.

    Le visa

    J’ai pris en ligne un rendez-vous au consulat de Marseille. Disponible 3 jours seulement après ma demande… Je voulais un visa avec entrées multiples, 90 jours sur le territoire sur une période totale de 180 jours… Je me suis trompé dans les renseignements demandés… Ma demande a été refusée, et nécessitait un autre rendez-vous dans plusieurs jours avec les bons documents… Sans compter que pour une demande d’entrées multiples, le consulat garde votre passeport une semaine ou une dizaine de jours pour étudier le dossier ; et c’est bien plus cher ! Je suis donc passé, suivant les recommandations de Russiable, par un prestataire annexe pour faciliter et accélérer la demande.

    Je recommande vivement l’agence CSDA (Centre de Services de Démarches Administratives, www.centre-doc.com), qui se trouve à deux pas du consulat et qui s’occupe de tout ! Elle a tout réglé le surlendemain de mon premier rendez-vous, et je n’ai pas dû retourner au consulat ! Elle m’a donné aussi de précieux conseils, dont celui de me limiter à 2 entrées / 2 sorties. Disponible par téléphone ou e-mail ensuite, pendant le voyage, en cas de pépin…

    Au final cela m’a coûté :

    • Voucher (iVisa en ligne) = 46,11 € + 12,36 € pour une modification ensuite
    • Frais consulaires (visa double entrée/sortie) = 128 € x 2 (traitement en urgence) = 256 €
    • Frais du centre de services (CSDA) = 50 €
    • Assurance médicale (Solidarity) = 78,11 €
    • Assurance auto « OSAGO » (Auga Baltic) = 89 €

    PS : j’ai payé les prestataires avec SendNow et PayPal.

    Voyager avec un chien

    13 jours avant mon entrée prévue le 1er août en Russie, j’ai fait le rappel de vaccins (dont la rage), le test antirabique, le certificat/lettre vétérinaire international prouvant que le chien est en bonne santé + tampon et signature sur le passeport du chien, prouvant que la visite a été faite tel jour… Refait 2 jours avant mon entrée sur le territoire russe, nouveau tampon et signature sur le passeport, car arrivée tardive le 10 août.

    Précisions :

    • Au final, ce qui est important à la frontière, c’est le test antirabique (même si c’est surtout pour le retour en Europe) et le tampon et la signature du vétérinaire sur le passeport du chien prouvant qu’une visite a été faite 14 jours maximum avant le passage de la frontière. Ils n’ont pas vraiment tenu compte du certificat en français/anglais. Mais c’est bien de le faire quand même, sauf qu’en Lettonie, ils n’avaient pas ce papier, et n’en avaient jamais entendu parler ! Donc c’est bien de le faire en France avant de partir si possible.
    • Le vétérinaire français, n’étant pas sûr que sa lettre soit suffisante pour passer la frontière russe, m’a demandé de vérifier auprès du service vétérinaire régional d’État. Ce que j’ai fait, et ils voulaient me faire remplir tout un tas de paperasse, prendre un rendez-vous dans plusieurs jours, pour me donner un certificat d’importation. Ce qui est une erreur, n’est pas nécessaire, et que je n’ai donc pas fait !
    • Attention, le résultat du test antirabique ne m’est parvenu que 20 jours après, au lieu d’une semaine à quinze jours prévus. Heureusement que j’avais du retard sur mon arrivée…

    Frais : vétérinaire (visite + vaccins + prise de sang + certificat) = 125 € ; test antirabique = 89 €. Pour tout le détail des démarches, voir aussi le guide pour voyager en Russie avec un animal.

    Era, une chienne-loup tchécoslovaque, debout dans une forêt de pins sous le soleil d'automne
    Era, la chienne-loup tchécoslovaque de Fabrice. Photo : Fabrice

    La frontière

    Mon idée était de passer par la frontière de Luhamaa / Shumilkino en Estonie. Seulement je n’avais pas prévu qu’il fallait réserver à l’avance et en ligne, sur le site de la frontière estonienne ou lettone, un rendez-vous pour le jour et l’heure de la traversée. Surprise ! 1 jour avant mon arrivée prévue, le premier rendez-vous possible n’était que 3 semaines après !

    J’ai donc changé d’avis et suis passé par la frontière de Grebneva / Ubylinka en Lettonie, où j’étais déjà. J’ai pu avoir un rendez-vous en ligne le même jour, 8 h après mon inscription ! Quand je suis revenu de Russie après une dizaine de jours, j’ai pris le rendez-vous directement en arrivant à la frontière russe de Burachki (car pas d’internet avant) et accès direct. À mon retour en Russie, idem : rendez-vous le jour même, 4 h après ma demande, par la frontière de Terehova / Burachki.

    Durées des traversées :

    • 10 août : frontière lettone = 3 h 30 / frontière russe 6 h, soit 9 h 30 au total
    • 22 août : frontière russe 4 h 30 / frontière lettone 2 h, soit 6 h 30 au total
    • 1er septembre : frontière lettone = 3 h / frontière russe 4 h, soit 7 h au total

    Précisions :

    • Voyager avec un chien, et déclarer de l’argent, prend plus de temps, car plus de contrôles et de paperasse… Au moins 2 h en plus.
    • Frontière lettone : fouille avec chien / paperasse / déclaration du cash.
    • Frontière russe : fouille avec chien / paperasse / fouille du téléphone et questionnaire / déclaration du cash / passage aux rayons X du camion et des bagages (heureusement, comme dans mon van tout est dans les placards, sans sacs ni valises, je n’ai pas eu à tout sortir ; juste les gros objets en métal pour les rayons X et quelques trucs).
    • Attention ! Les Russes considèrent que « Border / Frontière » c’est une chose et que « Custom / Douane » c’en est une autre ! Donc quand on croit que c’est fini pour la fouille, il y en a une autre !
    • Attention ! Il faut aussi prévoir une attestation papier de l’assurance française du véhicule (les assurances ne fournissent plus de vignettes vertes maintenant) et j’avais aussi une carte internationale de l’Assurance Maladie française.
    • Cash : comme pour ce voyage j’avais prévu d’aller, en gros, au bout du monde et de revenir par le Sud, j’avais une grosse somme d’argent liquide : 12 500 € changés en dollars, soit près de 14 000 $. J’avais tout changé en Pologne et en Lettonie. J’ai tout déclaré aux 2 frontières à chaque fois. Ce qui me permet aussi d’avoir une preuve de la somme transportée en cas de vol…

    La banque et la carte MIR

    Suivant les conseils de Russiable, j’ai contacté T-Bank en amont. J’ai pris rendez-vous et un représentant est venu jusqu’à mon camion pour me donner ma carte MIR et m’installer l’application dès mon arrivée à Moscou (je devais le faire à Saint-Pétersbourg, mais gros problème d’internet, voir plus bas).

    Attention ! L’application que le représentant m’a installée n’était en fait qu’un lien vers le site web, en russe uniquement ! J’ai mis près de 3 semaines avant de pouvoir régler ce problème, car impossible de télécharger l’application sur l’Apple Store ou le Google Store (c’est bloqué). Il a fallu faire tout un tas de manips, dont celle de m’enregistrer sur l’Apple Store avec un compte et un e-mail russes, puis revenir ensuite à mon compte… Maintenant c’est ok, et on peut même payer des gens avec leur simple numéro de portable. On peut aussi payer par scan avec son téléphone via l’application, mais attention, on ne peut pas enregistrer la carte sur Apple Pay (bloqué), et je n’ai pas pu non plus enregistrer ma carte sur Yandex, qui m’aurait permis de payer aux stations-service sans passer par la caisse, et de commander taxis, fast-food, etc.

    Le change

    Pas vu de bureau de change à la frontière (sauf au retour Russie >> Lettonie). J’ai juste pu changer quelques dollars en roubles au seul guichet de péage après la frontière lettone… Et pas facile ensuite de trouver des banques / bureaux de change dans les petites villes (surtout sans internet !). Fermés le samedi et le dimanche, même à Novgorod par exemple…

    Depuis que j’ai la carte MIR, c’est très simple : même si le taux est moins avantageux, on peut insérer ses dollars dans les distributeurs de billets de T-Bank, que l’on trouve partout, créditer son compte, puis retirer des roubles. Attention ! Il faut s’assurer que ces distributeurs acceptent bien les dollars, ils ne le font pas tous ! Il existe une carte qui indique les emplacements : https://www.tbank.ru/maps/atm/

    Pour info : ma carte a été avalée par le distributeur une fois, et en appelant le service, je ne sais pas comment ils ont fait, mais ils ont réinitialisé la machine à distance, et au bout de quelques minutes, ma carte est ressortie. Ouf !

    Le liquide

    La très grande majorité des commerçants préfèrent que vous payiez par carte et en sont quasi tous équipés ! Ils n’ont souvent pas de monnaie, et le moindre billet de 5 000 roubles est un problème. Aussi, je ne me sers des roubles que pour payer des vendeurs ambulants de légumes, ou des stations de gaz sans carte, ou pour des pourboires, ou des lavages auto, ou quand je n’ai plus de crédit sur ma carte… Et je fais de la monnaie en payant de temps en temps mon gasoil en cash.

    Internet et GPS : le problème n° 1

    Sans internet, et avec des brouillages de position GPS en raison du conflit, c’est un enfer ! Voyager en van, sans savoir où aller, où se poser, ni savoir quoi faire, ni parler la langue, est quasiment impossible ! Bien plus compliqué que de voyager en avion, train, taxi, avec des adresses d’hôtels fixes et prévues à l’avance, avec des professionnels qui parlent plusieurs langues et qui peuvent vous aider, vous guider.

    Je me suis retrouvé perdu plusieurs fois, de nuit même, dans ces gigantesques villes que sont Saint-Pétersbourg et Moscou, sans même avoir la possibilité de m’arrêter sur ces grandes artères de 6, 8 ou 12 voies. Sur la route, mais surtout en ville, même avec une carte routière (que l’on ne trouve plus nulle part), ou même avec un itinéraire téléchargé, quand le point GPS vous renvoie à 20 km de là où vous êtes, voire dans un autre pays, c’est la panique ! Même le « pas à pas » est compliqué, car le GPS veut prendre le dessus, et vous renvoie à l’autre bout du monde !

    C’est pourquoi, après m’être encore une fois perdu à Moscou, me retrouvant à l’ouest plutôt qu’à l’est, je suis retourné, à mon grand regret, en Lettonie. N’acceptant pas cet échec, je suis revenu ensuite…

    Attention ! Ne pas confondre internet et GPS, ce sont deux choses différentes et indépendantes. L’on peut avoir du net et être perdu, l’on peut avoir une position GPS mais pas de carte visible !

    Le réseau internet

    Les coupures de réseau, ou limites de débit, sont bien réelles, mais pas si fréquentes que ça ! Là, ça fait 2 jours que je n’ai quasi rien d’autre que l’accès à Yandex, mais ce n’est quand même pas tous les jours… En ville, il y a du réseau partout (sauf en cas de coupures) ; par contre, sur cet immense territoire, il est très fréquent qu’il n’y ait rien du tout sur des centaines de km sans habitations.

    Les opérateurs

    • J’avais au préalable contracté le nouveau forfait Free MAX pour 29 € par mois ! Avec soi-disant internet illimité dans tous les pays, et sur tous les réseaux de Russie (MTS, Beeline, etc.). En réalité, l’accord passé ne donne accès qu’à un débit extrêmement limité, voire inexistant. Je n’ai pu l’utiliser que dans le centre des très grandes villes. Ailleurs, c’est niet !
    • J’ai essayé de contracter des forfaits eSIM avec Yesim et Holafly, mais mon téléphone (iPhone 8) est trop vieux, et ce n’est pas possible. Mais je suis quasi sûr que le résultat aurait été le même qu’avec Free, soit un débit ultra limité, voire inexistant.
    • J’ai ensuite essayé de contracter une carte SIM russe avec MTS, mais cela demande un enregistrement biométrique, une traduction du passeport, tout un tas de paperasse, un certain temps pour avoir le tout, et m’obligeait à attendre et rester au même endroit. De plus, certaines agences proposant ce service n’existent plus, ou se renvoient la balle mutuellement, et je n’ai pas réussi non plus à le faire par une banque… J’ai perdu des heures et des heures à parcourir les villes à pied ou en métro sans résultat… C’est surtout fait pour les travailleurs ou étudiants étrangers sédentaires.
    • Ma seule solution était qu’un gentil autochtone accepte d’acheter cette carte SIM MTS pour moi. C’est ce qui a été fait, et après 2 semaines de galère, ça marchait !

    Le répartiteur wifi

    Je recommande vivement cette solution. Petit boîtier wifi qui tient dans la poche, dans lequel on insère la carte SIM, et qui permet de ne pas avoir à changer la SIM de son téléphone, et de garder ainsi le même numéro… Au final, j’ai payé 50 € pour 3 mois de forfait illimité et le boîtier en promo.

    Google Maps et Apple Maps ne fonctionnent pas bien, voire pas du tout en cas de débit limité. Je recommande Yandex Maps, mieux que Maps.me à mon sens, moins lisible… De plus, il est bien plus précis en ce qui concerne les distances et les temps de trajet que les autres ! Autre avantage de Yandex : il prévient de tous les travaux, dangers, routes en mauvais état, limites de vitesse, radars et contrôles de police… Télécharger la carte de la Russie en totalité n’est pas vraiment possible, ça prend trop de place… Il faut le faire avant, point par point, ou région par région, mais encore faut-il avoir du net !

    VPN

    Le VPN de Free et celui de Proton ne fonctionnent pas en Russie ! J’ai installé FIXPRICE VPN et ça fonctionne parfaitement, avec leur application Happ. Je peux, sur le réseau français, accéder à Canal+ et YouTube sans problème.

    Réseaux sociaux

    Hors VPN, les réseaux ne fonctionnent pas, sauf peut-être Telegram, mais pas tout le temps…

    Bivouacs, campings, eau et gaz

    Park4night et iOverlander

    Ces 2 applications sont conçues spécialement pour les voyageurs en camping-car, vans, 4×4, etc. Même s’il y a quelques spots en plus sur iOverlander, cela reste très sommaire en Russie et n’est pas très utilisé. Mieux vaut se débrouiller seul avec Yandex pour trouver des spots.

    Les campings

    Il n’y a quasiment aucun vrai camping, et ils sont plutôt chers d’ailleurs ! Souvent, ce qui est appelé camping est en fait un camp, une « baza » aménagée en partie, plus faite pour les pêcheurs que pour des vacanciers, tandis que les autres « baza » sont des locations de bungalows ou de datchas…

    Camping sauvage et barbecues

    Aucun problème. Les Russes sont habitués à bivouaquer le long des rivières et des lacs pour pêcher ou juste passer la soirée entre amis et en famille. Et partout des spots de barbecue, aménagés ou non, avec des abris, des tables-bancs, des foyers, et de la musique !

    Le gaz

    Pour mon camping-car, j’ai besoin de gaz pour ma cuisinière, mon chauffage et mon chauffe-eau. J’ai une bouteille de 13 kg / 27 L de propane. En Russie, si j’ai bien compris, les gens achètent une bouteille, puis la remplissent aux stations « AGZ » ou « LPG ». Je ne voulais pas changer de bouteille, pour avoir à la re-changer ensuite en Géorgie, en Turquie, puis en Grèce, etc. ; sans compter qu’il faut à chaque fois de nouveaux adaptateurs difficiles à trouver…

    J’ai donc opté pour la solution de l’adaptateur GPL, à installer sur ma bouteille au moment du remplissage. Un gentil Russe m’a commandé la pièce sur Ozon et c’est parfait ! Attention, cette solution d’adaptateur mobile est interdite en France, mais fonctionne partout en Asie et dans une bonne partie des pays européens. La raison est qu’il n’y a pas de sécurité : il faut donc remplir à 80 % maximum, soit 20 L maximum.

    L’eau

    J’ai une cuve de 90 L d’eau propre, et comme les camping-cars et les campings ne sont pas nombreux en Russie, il est difficile de trouver un robinet d’eau avec un filetage pour mon tuyau. Quelques stations-service comme Tatneft en ont, et autrement c’est dans les stations spéciales pour camions que l’on en trouve. Autre solution : demander à un paysan de vous prêter son tuyau d’arrosage… Attention ! Elle n’est pas potable, sauf bouillie pour la soupe ou le café !

    Les parcs nationaux (sans chiens)

    D’après ce que j’ai compris, la plupart des parcs nationaux sont maintenant interdits aux chiens. Même tenus en laisse. À mon grand regret…

    Sur la route

    Routes et pistes

    La plupart des routes sont en excellent état, et si elles ne le sont pas, elles sont en travaux. Rares sont les longues portions en mauvais état. Le seul vrai inconvénient, mis à part certains conducteurs, c’est qu’elles sont longues, interminables, et sans perspective dans la taïga… Les beaux paysages et belles routes que j’ai pu commencer à voir étaient à partir de Kazan, et dans l’Oural, dans la partie asiatique, puis sur la Volga ensuite.

    • Attention quand même sur les ponts, où il y a souvent des dos-d’âne, des nids-de-poule et des déformations.
    • Attention aussi aux routes avec des sillons creusés par l’usure et la neige. Très dangereuses en moto (il n’y en a quasiment pas en Russie).
    • Attention aux pistes en tôle ondulée, très cassantes, et aux pistes de terre devenant vite boueuses et glissantes !

    Les véhicules

    Mis à part quelques vieilles Lada et de vieux vans emblématiques russes, la quasi-totalité des véhicules sont bien plus récents, bien plus puissants qu’en France. La majorité des Français ne pourraient même pas se les payer ! Essentiellement des SUV, des 4×4 et des voitures sportives. Au minimum de bonnes berlines, et pas de citadines. La plupart sont des véhicules japonais, coréens, chinois, allemands, hongrois, roumains…

    La conduite

    Attention ! La conduite russe est virile ! Dangereuse, voire très dangereuse parfois. N’hésitant pas à doubler par la droite ou la gauche, sur des lignes continues, sans visibilité. J’ai évité au moins trois accidents graves. Et partout en ville, on voit des accrochages… Pour préparer la route, voir aussi le guide pour voyager en Russie par la route.

    Le carburant

    Je roule au diesel, donc pas de problème. La majorité des pompes en ont (quand elles ne sont pas fermées). Entre 65 et 85 roubles le litre. De quoi faire rêver les Français encore une fois ! Par contre, le sans-plomb 92/95 est rare, et quand les stations en ont, elles sont prises d’assaut, avec de très longues files d’attente, surtout en ville ou aux abords. Je conseille vivement de faire le plein à 25/50 km des villes, ce que je fais.

    Info pour les conducteurs : il faut payer à la caisse en amont, et savoir à peu près de combien de litres on a besoin. Mais si l’on a demandé plus que prévu, l’on vous rembourse la différence.

    Se garer

    Avantage et inconvénient : comme tout est fait pour les bagnoles et beaucoup moins pour les piétons, on peut trouver des places de parking partout ! J’ai même pu, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, me garer devant les grilles du parc Gorki ou devant le canal, près de la cathédrale de Kazan, en plein centre-ville, plusieurs nuits. Et comble, c’est gratuit pour les étrangers apparemment, car trop compliqué pour payer par le net. C’est une tolérance…

    En ville

    Les secteurs piétonniers

    La plupart des villes ne sont pas agréables pour les piétons. Il faut souvent faire des centaines de mètres avant de pouvoir traverser et attendre de longues minutes au feu tricolore. Quand ce n’est pas par des passages souterrains, comme à Moscou ! Et même si beaucoup de monuments sont majestueux, faire de longues marches dans le trafic est épuisant et pas très agréable pour les atteindre. Il ne fait pas bon flâner et faire du lèche-vitrine hors des secteurs piétonniers. Il y en a peu, mais ils sont très longs. Les plus belles balades sont sur les quais de la Volga ou les canaux de Saint-Pétersbourg.

    Métro et tramway

    Beau et facile à Moscou. Carte de 3 jours, trajets illimités, pour moins de 5 €.

    Les bateaux-mouches

    À faire absolument, et de nuit surtout ! Cela rend les villes plus belles encore sous les projecteurs. Dîner + longue croisière de 3 h sur la Moskova pour 22 €.

    Sécurité et propreté

    C’est le jour et la nuit, comparativement à la France. Aucun problème d’insécurité, les femmes se promènent de jour comme de nuit, seules et sans crainte. Et pas un déchet, pas un mégot par terre !

    Les gens, la langue et la nourriture

    Paysages

    Je dois avouer qu’entre Saint-Pétersbourg et Perm, les paysages m’ont lassé… Plus de 2 000 km dans la taïga sans perspective, c’est pénible. Je n’ai pu voir de beaux paysages qu’à partir de l’Oural, puis le long des rives de la Volga ensuite. Et il m’en reste plein d’autres à voir ensuite…

    Hospitalité

    Contrairement à la légende, j’ai été accueilli partout avec le sourire et la générosité. Faut dire que mon joli van et ma louve créent de la curiosité. Et quand en plus j’explique que je viens non seulement découvrir ce grand pays, mais aussi apporter mon soutien au peuple russe dans cette épreuve, cela les touche beaucoup. On m’a déjà offert tout un tas de petits souvenirs…

    Fabrice, en lunettes de soleil et chemise à carreaux, devant un grand lac bleu en Russie
    Fabrice, en route à travers la Russie. Photo : Fabrice

    Langue et cours de russe

    J’ai pris quelques cours gratuits sur YouTube avec « Axel – Cours russe débutant ». Je connais maintenant l’alphabet et sais dire une vingtaine de mots. Mais je n’ai pas continué les cours ensuite (en raison du net) et je suis incapable de faire une phrase autre que « pardonnez-moi, je ne parle pas russe ; je suis français ». Je recommande donc Axel, qui propose plusieurs forfaits avec des leçons sur YouTube.

    Nourriture

    La plupart des cafés sur la route sont en fait des stolovayas et, comme le dit Russiable, on y mange pour très peu cher, et ce n’est pas si mauvais. Partout des chawarmas aussi, et dans chaque station-service des hot-dogs à la russe et tout un tas de friands à la viande et de viennoiseries. De très beaux et bons restaurants chics aussi, mais je n’y suis pas allé, sauf une fois…

    Je recommande : les soupes / les petites ravioles fourrées / les poissons fumés / les poissons crus en saumure ou à l’huile / le cochon sous toutes ses formes / les crêpes ou blinis fourrés / les légumes ou fruits que l’on peut acheter en bord de route chez des marchands ambulants / les bières locales / les vins et les restos géorgiens / la vodka !

    Météo

    J’ai eu beaucoup de chance. Été indien depuis la mi-septembre, il a même fait bien chaud ! Pas de raspoutitsa !

    Voilà, je n’ai pas réussi à être synthétique, mais j’espère que toutes ces informations serviront aux voyageurs.

    Vous êtes allé en Russie récemment et vous voulez raconter votre voyage ? Envoyez-moi votre chronique avec ce formulaire, avec votre prénom ou de façon anonyme, comme vous préférez. Ce sont des récits comme celui de Fabrice qui aident vraiment ceux qui préparent leur propre voyage.

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    Irena Domingo

    Irena DomingoA propos

    Je suis née en Russie. J'ai grandi entre deux mondes : mon père était russe, ma mère espagnole, descendante des « Niños de Rusia », les enfants basques évacués en URSS pendant la Guerre Civile espagnole. J'ai travaillé pendant plus de 30 ans comme traductrice, interprète et professeure de russe, et depuis 2013 j'écris ce blog pour aider les voyageurs à découvrir la Russie avec des informations pratiques et toujours à jour. Auteure du Guide Russiable. Si ce blog vous a aidé à préparer votre voyage, vous pouvez m'offrir un café ❤️.

    À lire aussi : Expériences