Etienne est français, parle russe plutôt bien et connaissait déjà Saint-Pétersbourg, où il n’était pas retourné depuis 2019. En février 2026, il y est revenu avec un visa électronique, en entrant par voie terrestre depuis Riga — et son récit vaut de l’or pour tous ceux qui envisagent cette route : le choix du bon poste-frontière selon ton visa, le change des euros avant d’entrer, une heure d’interrogatoire côté russe et même une place au premier rang pour le Lac des Cygnes… payée en liquide via Telegram.
Le voyage d’Etienne en bref
| Voyageur | Etienne — français, parle russe |
| Quand | Février 2026 |
| Ville | Saint-Pétersbourg |
| Visa | Visa électronique (eVisa) |
| Comment il est entré | En bus depuis Riga, par le poste-frontière de Shumilkino (Petchory n’accepte pas l’eVisa) |
| Argent | Tout en liquide — euros changés à Riga, moitié en roubles, moitié en dollars |
| Téléphone et internet | Pas d’eSIM (téléphone incompatible) — wifi uniquement |
| À ne pas manquer | Le Lac des Cygnes au théâtre de l’Ermitage, payé en liquide via Telegram |
L’itinéraire d’Etienne, sur la carte
Itinéraire approximatif du voyage d’Etienne : Riga → poste-frontière de Shumilkino → Saint-Pétersbourg, en bus.
Ce qui suit est le récit d’Etienne, avec ses conseils et ses propres photos. Merci, Etienne, de l’avoir partagé.

Le casse-tête du bus depuis Riga : Petchory contre Shumilkino
Je suis retourné à Saint-Pétersbourg en février 2026, après ne pas y avoir été depuis 2019. J’ai utilisé un visa électronique, qu’il n’a pas été difficile d’obtenir, et je suis arrivé par la voie terrestre depuis Riga, en Lettonie.
Une complication est survenue pour réserver mon billet de bus : les bus au départ de Riga qu’il est possible de réserver depuis l’Europe entrent en Russie via Petchory, où l’eVisa n’est pas admis (est-ce fait exprès ?). Pour en avoir un passant par Shumilkino, où il est accepté, il fallait passer par la compagnie russe Markatek, qu’il n’est pas possible de réserver depuis l’Europe. J’ai donc dû demander à une ancienne professeure de russe, avec qui j’ai gardé contact, de faire la réservation pour moi, en lui envoyant l’argent en Ouzbékistan, où elle se trouvait, via l’application Paysend.
Changer ses euros à Riga, avant d’entrer
Sachant que je ne pourrais payer qu’en liquide en Russie, et averti par ce blog (merci) du fait que les euros pouvaient être confisqués à la frontière estonienne, j’ai changé mes euros à Riga : une partie en roubles, une partie en dollars. J’ai obtenu les roubles dans un bureau de change auprès d’une employée qui s’est montrée très hostile face à cette demande, et les dollars dans un autre bureau. À ce deuxième bureau, on a cherché à me demander pourquoi j’effectuais cette transaction ; j’ai dit « juste pour échanger », on n’a pas insisté.
La frontière : une heure d’interrogatoire, mais courtois
Le voyage en lui-même s’est fait dans de bonnes conditions, avec un bus loin d’être plein. À part moi, les passagers étaient des Russes âgés vivant à Riga et se rendant en Russie. Le passage de la frontière s’est en revanche avéré un peu compliqué me concernant. Pas du côté estonien, où on ne m’a pas trop posé de questions, mais du côté russe. Voyant que j’étais français, les douaniers m’ont fait remplir un formulaire d’enquête pour cerner mon profil, mon état d’esprit, mes motivations pour ce voyage. Puis j’ai été interrogé en russe de façon détaillée, et disons-le intrusive, par un agent pendant peut-être une heure. Au demeurant, cet agent, qui devait avoir la trentaine, était très courtois, voire amical. Il faisait simplement son travail et je comprends la difficulté des circonstances. Sorti de l’interrogatoire, il m’a encore fallu sortir tout le contenu de mon sac devant un douanier en uniforme, et répondre à ses questions de circonstance.
Cette vérification a retardé assez significativement l’autobus et attiré sur moi une attention que je ne souhaitais pas nécessairement attirer, mais sans, je crois, qu’on m’en tienne rigueur — les Russes étant un peuple patient. Nous sommes donc repartis et le reste du voyage vers Saint-Pétersbourg s’est fait sans encombre, avec une arrivée autour de 6 heures du matin.

L’hôtel Oktiabrskaya et une ville qui n’a pas changé
De la gare routière, je me suis rendu à pied à l’hôtel que j’avais réservé, l’hôtel Oktiabrskaya sur la perspective Ligovsky, un excellent hôtel historique. J’y ai payé ma réservation et, à mon grand soulagement, j’ai pu obtenir ma chambre immédiatement et sans devoir payer de supplément.
Ce qu’il y eut de remarquable dans mon voyage tient surtout aux péripéties du trajet aller depuis Riga, que je viens de détailler. Car le reste de mon séjour fut pour l’essentiel assez classique, et tout à fait agréable. Je constatais avec satisfaction que Saint-Pétersbourg n’avait pas tellement changé depuis la dernière fois que j’y avais été, sinon en bien. Avec son calme, son cadre classique préservé, son ordre, sa propreté, Saint-Pétersbourg fait bien figure de grande ville européenne, plus que bien des villes d’Europe de l’Ouest.
Je n’ai pour ainsi dire pas vu de touristes occidentaux ; il y avait par contre un certain nombre de Chinois, en raison des vacances du Nouvel An qui se tenaient au même moment.

Des gens froids en apparence, généreux au fond
J’ai eu un bon contact avec les gens, facilité par le fait que je parle russe plutôt bien. Aucune hostilité anti-occidentale ou anti-française n’était perceptible. Les Russes sont des gens assez froids, qui n’ont pas les codes français de sociabilité, mais cela cache souvent un très bon fond, une vraie générosité.
Anecdote à ce sujet : j’étais au restaurant de l’hôtel, où le patron, un Russe solide et rugueux, assez intimidant, m’avait rendu trop d’argent. Je suis revenu le voir pour le lui dire. Il a alors changé du tout au tout, se mettant à sourire et m’offrant un café gratuit.

Sans eSIM et tout en liquide
Mon téléphone n’admettant pas les eSIM (au passage, merci pour vos explications à ce sujet), je n’avais internet qu’à l’hôtel ou là où il y avait du wifi. J’avais assez de liquide et je n’ai pas cherché à payer par carte bleue — ça n’aurait sans doute pas marché.
Le Lac des Cygnes… payé en liquide via Telegram
Voulant voir une représentation du Lac des Cygnes avant de partir, et ne pouvant pas payer sur internet, j’ai contacté directement sur Telegram l’administratrice de la troupe, grâce à quoi j’ai pu payer ma place en liquide. La représentation avait lieu au théâtre de l’Ermitage. La place que j’avais était assez médiocre mais, juste avant le début, cette même administratrice m’a donné une place juste au bord de la scène et de l’orchestre.

Le retour, et ma conclusion
Le voyage retour s’est fait sans événements majeurs : la douane russe a inspecté mon sac, mais sans trop de zèle ; la douane estonienne ne m’a posé que des questions de routine et m’a laissé passer plus rapidement que les Russes.
En conclusion, je ne peux que recommander le voyage à Saint-Pétersbourg, même dans les circonstances actuelles. Mais il est essentiel de bien s’y préparer (notamment grâce à ce blog), et préférable d’avoir certaines connaissances en russe, ou d’être avec quelqu’un qui en a.

Tu as voyagé en Russie récemment et tu veux partager ton expérience ? Raconte-moi ton voyage ici et je le publierai dans cette section, avec ton prénom ou de façon anonyme, comme tu préfères. Les récits comme celui d’Etienne sont ceux qui aident vraiment ceux qui préparent leur voyage. Tu peux aussi poser tes questions sur le forum de Russiable en français.






